‹ Examen d'un ouvrage intitulé: Des doctrines philosophiques sur la certitude dans leurs rapports avec les fondemens de la théologie par l'abbé GerbetChapitre 44 sur 152 · CHAPITRE QDATRIKMR. g · texte numérisé non relu

CHAPITRE QDATRIKMR. g

» faculté (le raisonner. » Je crois qu’il est plus exact de dire simplement que la raison est la faculté que l’homme a de connaîti*e et de raisonner , car c’est la raison qui connaît et qui raisonne, et je ne vois pas la nécessité de supposer deux facultés là où une seule est évidemment suffisante. Mais il ne faut pas être trop difficile ^ et j’admets cette définition. Lorsque l’illustre Auteur ajoute : «La raison , dans le second sens, » est l’opération de l’esprit par laquelle , compa- » rant des vérités connues , nous en découvrons » les rapports et en tirons les conséquences. » Il se méprend évidemment et confond la puissance avec l’acte. Il est assez clair qu’une faculté n’est pas une opération de F esprit. C’est donc une distraction de l’écrivain qui aura occasioné cette confusion d’idées. Mais je suis parfaitement de son avis , lorsqu’il dit que la perfection de la raison ou la connaissance complète de la vérité exclut le raisonnement. C’est aussi le sentiment de saint Thomas qui enseigne que la certitude de la raison vient de l’entendement , et que la nécessité de raisonner est une suite de l’imperfection de notre entendement: (‘) « Certitudo rationis est ex inteüectu , sed ne- » cessitas rationis est ex defectu intellectûs. » ( a. a. q. 49- art. 5. ad a.)

Mon embarras est de concilier ces notions

(i) • r.a cwlitude de la raison vient de l'intelligence , mais la • nécessité de la raison vient de l'impcrfcclion de rintelligencc. •

C)4 EXAMEN ü’tIN OÜVRACF. , ETC.

avec celle de l’Auteur dont j’examine l’ouvrage. Par le mot raison M. de La Mennais entend deux facultés totalement distinctes , et M. G. par, le même mot comprend deux choses très-différentes. Mais ces deux choses ne sont pas des facultés ; car on ne peut pas dire qu’une participation à la raison commune soit une faculté , et un composé de jugement ne saurait non plus être une faculté. Le maître et le disciple ne paraissent donc pas d’accord. Mais peut-être que la notion de la raison commune ou universelle les conciliera. Comme notre Auteur ne s’explique nulle part clairement sur ce point, et qu’il paraît croire que c’est une chose trop claire pour avoir besoin d’explication , je consulte de nouveau l’Auteur de \ Essai , et heureusement il me donne à choisir entre plusieurs définitions.

M. de La Mennais ayant, comme nous l’avons vu , donné une définition de la raison en général , il semblerait que sa définition doit convenir à toute raison , et par conséquent aussi à la raison générale ; car les Philosophes enseignent communément que c’est une des règles d’une bonne définition qu’elle convienne à la chose déhnie dans toute son extension , et ne convienne qu’à elle seule : Omni et soli definito. Mais l’autorité des Philosophes est trop peu de chose aux yeux de l’illustre Auteur , pour qu’il veuille s’y soumettre. La définition qu’il donne de la raison ne me paraît pas pouvoir convenir

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