CHAPITRE QUATRliîME. III
a pas de foi possible. Skns quelque connaissance certaine préliminaire , nisï aliquid intelligat , personne ne peut croire en Dieu ; et la foi donne à notre raison de nouvelles forces pour connaître des vérités auxquelles nous ne pouvons parvenir que par son secours , ipsd ftde sanatur , ut intelligat ampliora. C’est à l’Auteur et à ceux qui pensent comme lui 'à voir comment Cette nécessité de quelque connaissance certaine qui précède la foi s’accorde avec leur doctrine. 11 me suffit d’avoir fait voir qu’elle est admise de saint Augustin comme de saint Thomas dont j’ai déjà cité plus d’une fois les paroles décisives , non crederet , nisl videret ea esse credenda.
« Nous apercevons en outre pourquoi la foi » est le principe d’union des intelligences. » Que de choses n’y aurait-il pas à dire sur l’union des intelligences , lu société des intelligences, dont il est si fréquemment fait mention dans quelques ouvrages récens ! Mais je ne veux pas trop m’étendre ni m’écarter de mon sujet. Je me bornerai à faire observer que nous ne connaissons d’autre être soumis à la foi que l’homme ; encore ne l’est-il que tant qu’il est sur la terre ou dans la voie. Nous croyons que Dieu , un par son essence , subsiste en trois personnes réellement distinctes. Si nous sommes fidèles à cette foi , et que notre conduite corresponde à notre croyance , nous verrons dans le Ciel ce que nous croyons sur la terre , nous verrons
lia EXAMEN d’un OUVRAGE, ETC.
Dieu tel qu’il est , c’est-à-dire , que nous verrons qu’il y a réellement en lui unité de nature et trinité de personnes. Videbimüs eum sicuti est , et par conséquent notre foi n’aura plus d’objet, il n’y aura plus de foi. Je sais bien que telle n’est pas , ou du moins que telle n’a pas toujours été la doctrine de l’Auteur de VEssai ; car il n’hésite pas à placer la fol aussi dans le Ciel , et dans le premier enthousiasme de sa découverte, il allait jusqu’à la trouver en Dieu même. Il est vrai qu’il paraît avoir fait un pas rétrograde et ne plus exiger de ses lecteurs qu’ils reconnaissent que Dieu lui-même est soumis à la loi de la foi. Ses disciples se montrent plus réservés , et l’Auteur de l’ouvrage que j’examine s’écarte évidemment sur ce point de la doctrine de son maître. Il établit des principes d’où il suit qu’il n’y a plus de foi là où il y a intuition , et il cite à l’appui de cette doctrine saint Grégoire qui dit: Quee apparent , jam fidem non liaient , sedagnitionem : a Les choses qu’on aperçoit ne sont pas » crues , elles sont connues. » Ce qui s’accorde parfaitement avec la définition que saint Paul donne de la foi : Est fides sperandarum substantia rerum , argumentum non apparentium.
( Hebr. XI. I . ) Dans le Ciel , on n’espère plus rien , parce qu’on possède tout ce qu’on espérait ; on voit aussi tout ce que l’on croyait , et par conséquent il n’y a plus lieu à la foi. Videmus nunc per spéculum in œnigmate ; tune autem fade
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