‹ Examen d'un ouvrage intitulé: Des doctrines philosophiques sur la certitude dans leurs rapports avec les fondemens de la théologie par l'abbé GerbetChapitre 57 sur 152 · CHAPITRE QUATRIÈME. . l3l · texte numérisé non relu

CHAPITRE QUATRIÈME. . l3l

» Je le crois. » { Défense de l’ Essai, p. 99. ) il 'faut avouer que ces pauvres Cartésiens sont Lieu niais , bien ignorans en logique , et que l’Auteur de YEssai a toute raison de se moquer d’eux. Mais voyons quel raisonnement triomphant il substitue à la niaiserie dont il gratifie ses adversaires. Le voici : il renferme toute la substance de son livre. « Notre premier soin » doit être de nous assurer s’il existe pour nous » un moyen de connaître certainement la vérité » et quel est ce moyen, (p. 8.) Or le consente- » ment commun est pour nous le sceau de la » vérité , et il n’y en point d’autre, (/i. ag. ) » Donc la certitude repose sur l’autorité génén raie ou le consentement commun. » (p. 71. ) L’Auteur et ses partisans ajoutent qu’il faut admettre sans preuve ce principe unique de certitude , ou être Sceptique ( IVous ne prouvons pas rautorité.Yièitus>c, p. 187.); c’est-à-dire qu’il faut admettre un principe de certitude , ou reconnaître qu’il n’y en a point. Assurément tout le monde dira aussi de grand cœur et avec une pleine conviction : Je le crois.

Mais , dit-on , l’objection des Sceptiques est insoluble , quelle que soit la doctrine qu’on professe , puisqu’on ne pourrait la résoudre qu’en supposant un pi;incipè de certitude que les Sceptiques nient. l'fcVr.éponds d’abord que , bien loin que cette objection soit insoluble dans la doctrine Catholique', elle ne peut même . i3.

l3a EXAME5 d’oI» OUVRAGE, ETC.

pas être proposée , puisqu’elle porte sur deux fausses suppositions , comme je l’ai démontré. Je réponds ensuite que jamais aucune objection des Sceptiques n’a été regardée comme insoluble par les Docteurs Catholiques. Saint Augustin , qui avait été lui-même Académicien , et qui connaissait bien les principes de cette secte , ne regardait pas comme impossible de répondre à ses subtilités. Il le fait en plusieurs endroits de ses écrits , et combat victorieusement les Sceptiques , non en supposant un principe de certitude , car une supposition peut être •rejetée comme elle est admise , et avec tout autant de droit , mais en leur présentant une vérité qu’ils ne pouvaient pas nier, et dont il les forçait de reconnaître la certitude. Cette vérité que le Sceptique est dans l’impossibilité absolue de nier est l’existence même de sa raison individuelle. J’ai rapporté le passage de saint Augustin : (0 « Intima scienlia est quâ » nos vitere scimus , ubi ne illud quidem j> Academicus dicere potest , etc. » Nier cette vérité , c’est l’affirmer ; en douter , craindre l’erreur , recourir à l’état possible de sommeil ou de folie , c’est l’affirmer ; donner une réponse quelconque , c’est proclamer son existence et reconnaître qu’ellé est , non une supposition , mais une vérité certaine.. 3aint Augustin croit

(i) • 11 7 a cil nous uuc ÿcieacc , etc. ■ page 70.

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