‹ Examen d'un ouvrage intitulé: Des doctrines philosophiques sur la certitude dans leurs rapports avec les fondemens de la théologie par l'abbé GerbetChapitre 58 sur 152 · CHAPITRE QUATRIEME. l · texte numérisé non relu

CHAPITRE QUATRIEME. l

cet argument tellement convaincant contre les Académiciens , qu’il y revient souvent dans ses ouvrages , en les défiant d’y répondre. Voici comment il y insiste au second livre du Libre arbitre , n“ 7. (•) « Priùs abs te quœro , ut de » manifestissimis capiamus exordium, utrùm tu » ipse sis ; an te fartasse metuis , ne in hac inter- » rogatione faüaris , cùm utique si non esses , » falli omnino non posses , etc. » Fort de ces témoignages , Descartes me paraît excusable d'avoir trouvé quelque solidité à -cette pierre qu’il posait sur un fondement jugé inébranlable par le grand saint Augustin , qui était aussi bon Philosophe que profond Théologien. Quant à la pierre que prétendent- y substituer quelques individus , réformateurs de l’enseignement , bien des personnes , qui ne sont pas Sceptiques , ne lui trouvent aucune solidité quelconque , et elles ne conçoivent pas qu’on puisse présenter pour base de la certitude jo ne sais quelle raison générale , qu’on suppose infaillible , quoiqu’elle ne soit qu’un être de raison , et qu’elle ne puisse être conçue que comme l’accord des raisons particulières , qu’onnous donne comme toujours sujettes à l’erreue et incapables de toute certitude.

( 1 ) «Et poDr commencer par ce qull y a de plas manîfeatc

* je TOUS demande si Tons existex. Craindriez*Tous de tous trom- > per en rt'pondant à ma question ? Mais si tous n'ciisüci pas ,

* à coup sûr Tons ne vous tromperies pas. *

l34 EXAMEN d’un Ol'VP.ACE , ETC.

Voici la forme syllogistique qu’il plaît à l’Aii. leur de donner à l’objection qu’il reconnaît qu’on peut lui opposer. « L’homme ne peut » posséder la certitude qu’autant qu’il connaît » avec certitude la raison générale ou le sens 9 commun ; or , il ne peut le connaître que par 9 le moyen de sa raison individuelle , faillible , » et par conséquent sans certitude ; donc , etc. 9

La majeure de ce syllogisme, entendue comme l’Auteur l’entend , est assurément d’une grande absurdité, a Ije principe de certitude , dit -il , » étant le sens commun , suivant Ja doctrine 9 contre laquelle on argumente , la majeure de 9 ce syllogisme revient à cette proposition : 9 L'homme ne peut posséder la certitude quau- 9 tant qu U connaît avec certitude le principe 9 de certitude. » Oui , il est incontestable qu’il en est ainsi suivant la doctrine contre laquelle on argumente , mais il est également incontestable qu’il en est autrement suivant la doctrine de celui qui argumente. Or il paraît que le sens d’une proposition doit être déterminé par la doctrine de celui qui l’énonce et non par la doctrine qu’il combat. Mais la doctrine de celui qui ferait ce syllogisme serait sans doute que la raison générale n’est pas le principe de certitude ; et toute l’absurdité consiste à lui faire admettre comme vrai dans sa majeure j)récisénienl ce (pi’il nie, ce qu’il prétend dé-

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