‹ Examen d'un ouvrage intitulé: Des doctrines philosophiques sur la certitude dans leurs rapports avec les fondemens de la théologie par l'abbé GerbetChapitre 64 sur 152 · CHAPITRE QUATRIÈME. l · texte numérisé non relu

CHAPITRE QUATRIÈME. l

s aux motifs de la foi , l'évidence ne perd pas cet » ascendant irrésistible : elle force la conviction 9 dans le second cas comme dans le premier. » (/>. 5g.) Lorsqu’il arrive dans les écoles que quelqu’im fait un raisonnement de cette force ^ celui qui est chargé d’y répondre se contente de dire concéda totum. Il est assez surprenant que l’Auteur n’ait pas compris que , pour pouvoir tirer quelque conclusion de son raisonnement , il faudrait que dans les deux cas dont il parle l’objet de la conviction fût le même. Si l’objet de la foi était évident, on aurait la conviction de l’objet de la foi , et cette conviction forcée détruirait la foi qui suppose toujours un acte libre de notre volonté. Si le motif de la foi est évident, on a la conviction du motif de la foi ; mais avec cette conviction l’on comprend trèsbien que la foi peut subsister et être libre. Pour s’en convaincre, il suffit de considérer que bien des personnes sont persuadées qu’elles doivent croire , sans avoir pour cela la foi. La raison en est que , l’objet de la foi restant obscur, l’acte de foi est une soumission de notre raison , laquelle dépend toujours de notre volonté ; or , comme je l’ai déjà dit, quelque convaincus que nous soyons que nous devons obéir à l’autorité qui nous commande la foi , l’obéissance reste toujours en notre liberté.

Notre Seigneur donne ses oeuvres pour motifs de la foi qu’il voulait qu’on eût en lui.

l5o EXAMEN d’un OIIVKAGE, ETC.

(*)« Opéra quœ ego fado in nsmine Patris mei, » hœc testimonium perhibent de me. (Joan. x. a5.) » Si niihi non vultis credere , operibus crédité. » ( ibid. 38. ) I œuvres de Notre Seigneur étalent ' donc les motifs de crédibilité qui devaient conduire les Juifs à la foi ; or les œuvres du Sauveur opérées en présence de tout le peuple étaient • des œuvres évidentes ; tous ceux qui en étaient témoins avaient la conviction de ce motif de crédibilité, et pourtant tous n’avaient pas la foi. Plusieurs , il est vrai , frappés, de ces prodiges évidens , croyaient en Jésus-Christ ; Midti credidcrunt in nomine ejus , videntes signa ejus quœ faciebat. ( Joan. ii. a3.) Mais plusieurs aussi,

. ^ également convaincus de ces signes évidens, que •ses plus grands ennemis ne pouvaient nier, restaient dans leur incrédulité. Pontifces et » Pharisœi dicebant : Quid facimus , quia hic » horno mulla signa facit ? » (Joan. xi. 47-) Et dans une autre occasion , en parlant des Apôtres: W« Quid faciemus horninibus istis? quoniam qui- » dem notum signum factum est per eos omnibus

(1) • Les œarres que je fais an nom de mon Père rendent » témoignage de moi : &i tous ne Toulcz pat me croire , crojet

• du moins ii ces œuvres. »

( 2 ) « Los Pontifes et les Pharisiens disaient : Que ferons-nous?

• car cct homme opère beaucoup de prodiges. »

(3) t Que ferons-nous de ces hommes? car le prodige qn’ils > ont opéré est connu de tons les habitans de Jérusalem ; il est ■ manifeste , et il nous est impossible de le nier. >

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