CHAPITRE QUATRIÈME. l5l
» habitantibus Jérusalem imanifestum est, et non ï> possumus negare. r> (Act. iv. i6. ) Pouvonsnous avoir une preuve plus frappante qu’on peut être forcé par l’évidence k admettre les mc> tifs de crédibilité , et pourtant refuser de croire ? Donc l’évidence des motifs de crédibilité n’empéchc pas la liberté de la foi. (*) a Pontifices et » Pharisœi, dit saint Augustin , sibi consulebant, » nec tamen dicebant, Credamus. » ( Tract, xlix. in Joan. )
Prenons un exemple qui mette dans son jour la doctrine de saint Thomas , de Suarez , et, en général , celle que l’Auteur lui-même appelle la doctrine de la Théologie Catholique sur la tliéorie-de la foi. Notre Seigneur ayant dit à un paralytique : F os péchés vous sont remis ; les Scribes et les Pharisiens furent scandalisés de ces paroles , ils en murmurèrent intérieurement et dirent : « Qui est cet homme qui blasphème » ainsi? Qui peut remettre les péchés, sinon Dieu » seul ? » Alors Jésus , répondant à leur pensée qu’ils n’avaient point manifestée extérieurement, pour les disposer par ce premier miracle à croire à ses paroles , leur reproche de s’être scandalisés sans raison ; puis il ajoute : (’) « Ut autem sciatis » quia Fïlius hominis habet potestatem in terra
(i) • Les Pontifes et les Pharisiens délibéraient snr ce qu'ils • avaient i faire , et ils ne disaient pas : Croyons.
(a) • Or , afin que vous sacliiez que le Fib de l'homme a snr > la terre le pouvoir de remettre les péchés : Je vous le dis ,
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l5a EXAMEir d’ov odvkage, etc.
» dùnittendi peccata, (ait paralytico ) Tibi dico , » surge , toile lectum tuum , et vade in domum » tuam. Et confestim consurgens coram illis , » tulit lectum in quo jacebat , et abiit in domum » suam, magnificansDewn. Et stupor apprehen- » dit omnes , et magnificabant Deum. Et repleti » sont timoré , dicentes : Quia vidùnus mirabiUa » hodie. » ( Luc. v. a4 , a5 , a6. ) Ce que Jésus- Christ proposait en ce moment à la foi des assistans était la rémission de ses péchés accordée au paralytique : Fos péchés vous sont remis. La preuve qu’il donne que ces paroles sont des paroles de vérité , et que le Fils de l’homme a véritablement sur la terre le pouvoir de remettre les péchés , c’est le miracle éclatant qu’il fait à l’instant même. Afin que vous sachiez , dit-il , que le Fils de l'homme a le pouvoir sur la terre de remettre les péchés, etc. Ce miracle était donc le motif qui rendait croyable le pouvoir que le Sauveur s’attribuait de remettre les péchés. C’était ce que saint Thomas appelle (■) Causam inducentem ad credendum, ou inductivum ad credendum. Ce motif , joint à la grâce inté-
> (ajoaU-t-U en a'adreasant au paralytique,) leTei-Tooa, em-
• portex Totre Ut , et aUei à votre maison. Et aaiaitôt , te levant
• en leur présence , cet homme emporta le lit oh il était couché,
■ et s'en aUa i sa maison , en glorifiant Dieu. Alors tous furent
> saisis d'étonnement , ils louèrent Dieu , et rempUs de crainte
■ ils dirent: Nous avons vu aujourd'hui des choses merveUleuset. •
(i) • Une cause portant è croire , un motif de croire. •