CHAPITRE QtTATRI^ME. l
poser à un homme consommé dans l’étude de la Théologie.
Il ne sera peut-être pas hors de propos de montrer en peu de mots , pour l’instruction de ceux qui parlent de ces sortes de choses sans en avoir une connaissance suffisante , comment les Théologiens Catholiques entendent cette évidence de crédibilité qu’ils disent être nécessaire pour parvenir à la foi.
La Révélation est un fait ; elle peut , par conséquent , et doit être prouvée comme les autres faits , et nous pouvons eh acquérir la certitude de la même manière. Si le témoignage des hommes est le moyen qui donne cette certitude à ceux qui n’ont pas été témoins du fait , la raison n’admet pas ce témoignage aveuglément ; elle examine la nature et la force des témoignages, et elle ne croit que lorsqu’elle est convaincue qu’elle doit croire. J^sos-Christ appuyait sa mission sur les prophéties et sur les miracles qu’il opérait publiquement , sous les jreux’ de ses ennemis comme sous ceux de ses Disciples. Jamais , du moins autant que je le puis savoir , il n’en a appelé à la raison universelle, au consentement commun du genre humain , mais fréquemment aux prophéties et plus souvent encore à ses œuvres. Les livres qui contenaient les prophéties étaient entre les mains des Juifs ; et quelques-uns de ces divins oracles étaient si clairs , si précis , que chacun pouvait
l56 EXA.MEK d’dW OirVRA.CE , ETC. juger de leur accomplissement : les miracles parlaient aux yeux et convainquaient toutes les raisons particulières. Tous ceux qui voulaient croire en lui croyaient très-raisonnablement , puisqu’ils avaient un motif sufBsant de croire ; et Us croyaient très-librement, puisque beaucoup d’autres qui avaient le même motif de croire refusaient leur assentiment. Ce motif était précisément celui qu’apporte saint Thomas, la parole de Dieu attestée par les prophéties et par les miracles. .Aujourd’hui , les miracles de Jésus- Christ et de ses Apôtres n’ont plus pour nous la même évidence qu’ils avaient pour ceux qui en furent témoins ; plusieurs même de ces miracles qui , pour les témoins, étaient seulement des motifs de croire sont devenus pour nous des objets de foi ; mais les motifs qui nous les font croire ontaussi leur évidence.D’abord, nous avons aussi en main les livres qui contiennent les prophéties auxquelles le Sauveur renvoyait les Juifs, et puis encore les livres qui rapportent les miracles opérés par le Sauveur et par ses Disciples. Ces livres, abstraction faite de leur autorité divine que nous ne connaissons que par la foi, ont une autorité , que je dirai humaine et naturelle. Ce sont des histoires authentiques dont je puis juger de la même manière que je juge de toute autre histoire. Or si j’entreprends cet examen ^ je trouve que l’histoire dite de l’Ancien Testament , et celle connue sous le nom d’Èvangile \