CHAPITRE QUATRIÈME. iSq
mais pour que je croie en effet à votre parole, pour que j’aie foi en vous , il faut de plus que j’aie l’assurance que vous dites la vérité , et encore la volonté de vous croire. La certitude du miracle qui me porte à croire , loin d’étre le motif de ma foi , n’est que la moindre partie de ce qui me détermine à croire. Celui qui croit , dit saint Thomas , est conduit à la foi par les miracles qui attestent la parole divine , et plus encore par le mouvement intérieur de la grâce qui l’attire. (') « Inducitur aucloritate » dwinœdoctrinœmiraculis con/irmatœ, et, quod » plus est , interiori instinctu Del invitantis. » Le miracle est le sceau extérieur que Dieu donne à sa parole , pour que nous en soyons assurés ; et cette certitude que nous donne le miracle serait insuffisante pour nous conduire à la foi , si Dieu n’y joignait l’impulsion encore plus puissante dè sa grâce intérieure. Mais l’homme pouvant résister à la grâce intérieure , il est clair qu’en tout cela on ne trouve encore qu’un préliminaire qui est nécessaire à la foi , mais qui ne la constitue pas. Pour l’acte, de foi , il faut de plus que la volonté , toujours aidée de la grâce , commande à l’entendement , éclairé d’une lumière surnaturelle , de donner son assentiment aux vérités proposées , assentiment qui tire toute sa certitude du principe surnaturel
(i) • Il 7 est concloit par raatorité divine pronvéc par des
• miracles , et ce qui est plus , par llnspiration inUricure de
• Dieu qui l’invite. •
r6o EXA*tE!T d’oIT OtTYltAOE , ETC.
qui le produit. (•) a Nonne cor nostrum ardens » erat in nobis dum loqueretur in via , et ape~ » riret nobis Scripturas ? » ( Luc. xxiv. ^a. )
(*) a Et quœdam mulier , nomine Lydia au-
» divit : cu]m Dominus aperuit cor intendere y> fus quœ dicebantur a Paulo. » ( Act xvi. i4. ) Voilà la doctrine Catholique , telle du moins qu'elle a été connue de saint Thomas et de tous les Théologiens qui ont parlé de la théorie de la foi ; ils ne s’en sont jamais formé une autre idée. On voit , par cette simple exposition, que les accusations de proclamer l’infaillibilité , la souveraineté , l’indépendance de la raison individuelle , prodiguées aux Théologiens qui professent cette doctrine , ne sont que des déclamations indécentes et sans fondement. La raison individuelle , ( et nous ne connaissons pas de raison qui ne soit pas individuelle , ) en tant qu’existante et agissante , n’est point infaillible , puisqu’elle ne peut pas avoir toute certitude, et que les passions auxquelles l’homme est sujet peuvelît souvent l’égarer ; mais elle peut et doit avoir quelque certitude , autrement, elle ne serait pas raison. Elle n’est point souveraine , puisque Dieu lui commande et qu’elle doit obéir. Elle
(i) t Notre cœnr n'éUit-il pu loat enflammé , tandia qa'il
> noua parlait dana le chemin et qa'il noua expliquait lea
> Écriturea? •
(a) «Une femme nommée Lydie l'entendit auaai , et le Seigneur a oorrit aon cœur pour le rendre docile aux parolea de Paul. •