‹ Examen d'un ouvrage intitulé: Des doctrines philosophiques sur la certitude dans leurs rapports avec les fondemens de la théologie par l'abbé GerbetChapitre 72 sur 152 · CHAPITRE QCATRIÈHE · texte numérisé non relu

CHAPITRE QCATRIÈHE

Prétendre qu’un jugement n’est certain qu’autant que c’est le jugement général , est tout aussi absurde que de prétendre qu’une volonté n’est , certainement bonne qu’autant qu’elle est la volonté générale. La parité est exacte , puisque la volonté individuelle est tout aussi défectible que l'entendement individuel ; et ceux qui donnent le consentement général pour principe de certitude , n’ont qu’une conséquence à tirer pour donner la volonté générale , la vplonté du peuple , pour principe de rectitude.

De plus , les Théologiens enseignent que la foi humaine n’a pour objet que les faits , lesquels ne peuvent être attestés que par les témoignages de ceux qui y ont été présens ; témoignages qui n’ont rien de commun avec ce que l’Auteur appelle raison générale , puisqu’ils sont uniquement fondés sur les sens d’un nombre de témoins plus ou moins grand , mais toujours très-petit et tout-à-fait insignifiant en comparaison de la masse du genre humain.

Ces Théologiens reconnaissent l’existence d'une foule d’autres vérités qui ne peuvent s’attester par les sens , et qui par conséquent ne pourraient être prouvées par cette autorité humaine qu’ils admettent pour les faits. Il est donc évident 1° que les Théologiens Catholiques et l’Auteur n’entendent pas une même chose par autorité ; que les Théologiens Catholiques ne reconnaissent un principe de certitude dans

l'jO EXiilEN d’un ouvrage, ETC.

l’autorité qui est le fondement de la foi , que lorsqu’il s’agit d’autorité divine et de foi divine. L’Auteur ne citera pas un Théologien qui ait donné pour fondement de la foi divine l’autorité du genre humain ou de la raison générale.

Maintenant, je vais montrer que , dans cette explication , je ne me suis pas écarté de la doctrine des saints Docteurs , à laquelle je tiens beaucoup plus qu’à celle de Descartes. Saint Augustin a dit ; Çuod credimus debemus aucloritati : Nos croyances , nous les devons à l’autorité. Mais il parle en général des croyances , et il convient qu’il y en a de vraies et de fausses , de certaines et d’incertaines. Toutes ont leur fondement dans l’autorité, mais toutes n’ont pas une égale solidité. Or à qui appartient-il de juger de la solidité des croyances , ou du fondement sur lequel elles reposent ? sera-ce encore à l’autorité , et faudra-t-il avoir la foi de la foi ? Mais alors il y aura évidemment pétition de principe ; car enfin il restera toujours à décider si l’autorité sur laquelle nous croyons est telle qu’elle puisse nous donner la certitude ; et pour ne pas nous mettre à reculons à l’infini , comme dit Montaigne , il faudra bien sortir de l’autorité , et trouver un principe qui ne soit pas l'autorité et qui juge quelle foi mérite l’autorité. 11 y a , dit saint Augustin , en nous trois choses qui ont de l'affinité et qu’il faut soigneusement distinguer. « Tria sunt velut Jinitima sibimet in

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