CHAPITRE QUATRIÈME. I7I
» animis hominum distinctione dignissima , in- » telligere , credere , opinari. Quœ si per se » ipsa considerentur , prirnum semper sine vi- » tio est , secundum aliquando cum vitio , ter- » tium' nunquam sine vitio. » ( De utilit. credendi , n“ a5. ) IS intelligence est toujours sans défaut , car elle est l’intuition de la vérité , et par conséquent elle exclut toute crainte d’erreur. Uopinion n’est jamais sans défaut , car elle est toujours accompagnée de la crainte d’erreur , cum foFinidine opposili , dit saint Thomas. La Jbi tient le milieu : elle peut être ou n’étre pas accompagnée de la crainte d’erreur, parce que l’autorité sur laquelle elle est fondée peut être une autorité faillible ou une autorité infaillible. A qui donc appartiendra-t-il de nous rassurer , sinon à V intelligence qui est toujours sans défaut , qui n’est pas compatible avec l’erreur? Je puis avoir des opinions fausses ,.^je puis avoir des croyances fausses , mais je ne puis avoir une intelligence fausse , ou comprendre ce qui n’est pas. C’est donc à mon intelligence à régler ma foi et mes opinions. C’est-à-dire , qu’il faut que je sache certainement que l’autorité sur laquelle je crois ne peut m’induire en erreur ; autrement , je n’aurai point cette foi qui donne la certitude ; mais j’aurai une foi imprudente , ou du moins une foi sujette à l’erreur. L’Auteur dira sans doute que c’est là soumettre sa foi à un jugement individuel , que
il 7a EXAWEN d’un ouvrage , ETC.
c’est la doctrine du Cartésianisme. Je l'ignore; mais je sais que telle est incontestablement la doctrine de saint Thomas et de saint Augustin. (0 a Non crederet , nisi videret ea esse credenda. ( S. Th. ) M a Nisi aliquid intelligat , nemo potest credere in Deum. » ( S. Aug. ) W « Aucto- » ritatem ratio penitus non deserit , ciim consiy> deratur cui sit credendum. » ( id. )
Passons à la seconde proposition de l’Auteur , le principe de certitude est identique au principe de foi; et voyons premièrement si cette proposition est vraie ; ensuite si , comme le prétend l’Auteur , sa vérité est une conséquence nécessaire de la vérité de la première proposition qui place le principe de foi dans l’autorité.
La proposition qui affirme l’identité du principe de foi et da principe de certitude ne peut être tenue pour vraie , à moins que l’on ne regarde comme vraies ces deux autres propositions : 1® Toute foi est certaine ; a® Toutes les vérités appartiennent à la foi ou sont des vérités de foi. Car il est clair que s’il y a une foi qui ne soit pas certaine , le principe de cette foi ne sera pas un principe de certitude; et que , s’il y a des vérités qui n’appartiennent pas à la foi , la certitude de
(1) a II ne croirait pai , l'il ne Tojait pas qu’il faut croire. •
(a) a Pour croire en Dieu , il faut comprendre quelque chose. >
( 3 ) a La raison agit ainsi que rautoritc , quand on considirc * i qui l'on doit ajouter foi. >