CHAPITRE QUATRIÈME
ces vérités ne sera pas une certitude de foi , et par conséquent n’aura pas pour principe le principe de foi. L’Auteur de V Essai a bien senti que ses principes l’entraînaient nécessairement à n’admettre d’autre certitude que celle de la foi; Il n'y a de certain , dit-il , que ce qui est de Joi. Mais telle n’est pas la doctrine Catholique ; elle rejette les deux propositions qui sont une conséquence nécessaire de l’assertion de l’Auteur , et enseigne : i° Qu’il n’y a de foi absolument certaine que la foi divine ; qu’il y a une foule de vérités qui ne sont pas des vérités de foi, et dont par conséquent nous avons la certitude indépendamment de la foi. Donc la seconde proposition de l’Auteur, affirmant l’identité du principe de foi et !du principe de certitude , est contraire à la doctrine Catholique , et ne peut pas être une dépendance de la première reconnue vraie dans le sens que j’ai expliqué.
Voici le raisonnement de l’Auteur pour prouver son assertion : « Si le principe de foi était «différent du principe de certitude, l’homme » ne pourrait parvenir à la foi qu’en partant « d’abord du principe de certitude, pour en con< » dure , par voie de raisonnement , la vérité du » principe de foi : d’où il résulterait toujours » que la foi aurait son unique base dans le rai- » sonnement, et non dans l’autorité. » Il est assez difficile de saisir la force de ce raisonnement , et j’avoue que j’ai fait de vains efforts pour y
1^4 EXAMEN d’üN ouvrage, ETC.
parvenir. Je vois seulement que , s’il prouvait quelque chose , ce que je ne crois pas , ce serait seulement que le principe de la certitude de la foi doit être identique au principe de foi , ce qu’on admettra sans difficulté , pourvu qu’on l’entende de la foi certaine ou divine. Resteront toujours les vérités qui ne sont pas de foi divine , et dont par conséquent la certitude doit s’obtenir par un principe qui n’est pas le principe de foi. Mais , sans m’arrêter à discuter un raisonnement obscur et qui ne saurait être concluant , je me permettrai de demander à l’Auteur si toute autorité est un principe de certitude. S’il rt^pond affirmativement, il s’ensuivra que celui qui croit sur l’autorité de Mahomet aura la certitude , tout comme celui qui croit sur l’autorité de Jésus - Christ. S’il avoue que toutes les autorités ne sont pas égales et qu’il y en a qui peuvent nous conduire à l’erreur, j’en conclurai que je dois donc distinguer entre autorité et autorité , et examiner quelle est celle qui peut me donner la certitude. Or, pour faire cet examen , je dois partir d’un principe qui ne sera pas celui d’autorité. S’il me répond que l’autorité en qui seule réside le principe de foi et de certitude est le consentement commun , je n’en serai guère plus avancé ; je demanderai de nouveau comment je puis m’assurer que le consentement commun est en faveur de JÉsi s-Christ plutùt qu’en faveur de Mahomet