‹ Examen d'un ouvrage intitulé: Des doctrines philosophiques sur la certitude dans leurs rapports avec les fondemens de la théologie par l'abbé GerbetChapitre 76 sur 152 · CHAPITRE QUATRIÈME. I · texte numérisé non relu

CHAPITRE QUATRIÈME. I

sûrement pas la millionième partie du genre humain et quand il s’agit du consentement commun , on n’a besoin que de compter les voix. Mais l’Auteur ne s’en tient pas là : il se demande (dj^. xiv, ) s’il y a encore d’autres hommes qui ne prennent pas le sens commun pour règle de leurs croyances , et il répond : « Oui , » il y en a d’autres : ce sont les Mahométans et » les Hérétiques. » Ceci devient sérieux ; voilà une grande restriction au consentement commun. Ce qui a été cru en tout temps , qui est encore cru afijourd’hui en tous lieux et par tous , n’est cru ni par les Mahométans , ni par les Hérétiques. Je pense bien que , sans les calomnier , oh peut en dire autant des Idolâtres et même des Juifs , car ni les uns ni les autres ne passent pour avoir la même règle de foi que les Catholiques. Je pourrais encore ajouter les personnes faibles d’esprit que l’Auteur du Catéchisme assimile aux Mahométans et aux Hérétiques ; et cette classe doit être nombreuse , même parmi les Catholiques , surtout si on y comprend , comme cela parait raisonnable , tous ceux qui n’adoptent pas le nouveau système. Mais pour ne pas être accusé d’exagération , je m’en tiens à ce qui est accordé expressément et à ce qui ne peut pas être nié , et je dis : Les Mahométans , les Hérétiques, les Idolâtres et les Juifs ne prennent pas pour règle de leurs croyances le sentiment commun ; donc

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plus des trois quarts , peut-être plus des sepi huitièmes du genre humain ne croient pas ce qui a été cru en tout temps , en tous lieux et par tous , ne reconnaissent pas , ne suivent pas la règle qui a été reconnue et suivie dans tous les temps , dans tous les lieux et par tous les peuples. Oh ! pour le coup , je m’y }>erds et ne sais plus que penser de ce sentiment commun , qui est le sentiment de tous , ou du plus grand nombre , et qui est contredit par les sqît huitièmes du genre humain. Voilà ce qu’on me pré^ sente comme une autorité infaillible, comme le princijïc de certitude. La raison générale , diton , voilà notre guide : c’est fort bien , mais , si cette raison générale ne se trouve nulle part , si elle est méconnue j>ar les sept huitièmes des hommes , si je ne sais où la trouver , de quoi me servira-t-elle ? Vous ne pouvez m’assigner un moyen certain de la discerner ; car s’il y en avait un , ce moyen certain serait , selon vous , le principe de ma foi. Et puis , sim quelle base reposerait la certitude de ce moyen ?

Hâtons-nous de sortir de ce labyrinthe. Nous avons vu que , selon saint Thomas et saint Augustin , l'a foi ne serait même pas possible, (j’entends l’acte raisonnable de la foi , ) si elle n’était pas précédée de quelque connaissance certaine. C’est donc contre ces saints Docteurs que M. G. doit tourner ses attaques , et non contre les Théologiens modernes ipii n’ont d’autre tort

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