CHAPITRE PREMIER
et que mes principales autorités en Théologie sont saint Thomas et saint Augustin , qui n’étaient pas disciples de Descartes. Voici comment s’exprime le premier de ces grands Docteurs :
n (0 parte subjecti différant secundum périt fectum et ünperfectum opinio , /ides et scientia. « Nam de ratione opinionis est quod accipiatur D unum cum formidine alterius opposüi ; unde » non habet firmam inhœsionem. De ratione » verà scienticB est quod habeat firmam inhœ- » sionem cum visione intellectiva ; habet enim » certitudinem procedentem ex intellectu princi- » piorum. Fides autem medio modo se habet ; » excedit enim opinionem in hoc quod habet » firmam inJuesionem ; déficit vero a scientia in eo » quod non habet visionem. » ( i . a. q. 67. art. 3 . o. )
Et encore plus expressément : « (’) Cerlitudo » potest considerari dupliciter ; uno modo ex
(1) « Considérées dans le sujet, ropiuîou, la foi et la science
• diftèrent sous le rapport de rimperfection et de la perfection. B Car il est de la nature de ropiniou , que Ton admette nne chose » avec la crainte que le contraire ne soit la vérité ; et ainsi Tadlié* ■ sion quon y donne n’est pas ferme et solide. Mais il est de la
• nature de la science d’avoir une ferme adhésion a son objet dont > elle a la vûc intellectuelle : car elle a une certitude qui procède
• de rintelllgence des principes. Quanta la foi, elle lient le milieu B entre l'opinion et la science ; car elle l'emporte sur la première, B en ce qu'elle a une ferme adhésion ; et elle le cède à la seconde , B en ce qu'elle n’a pas la vision de l'objet.
(3) * La certitude peut être envisagée sous dcui rapports : » 1” dans la cause d'où elle naît : sous ce rapport , on dit qu’une B chose est plus certaine, quand elle a une cause plus certaine ;
iG IXAMEN d’oiT ouvrage , ETC.
» causa certitudinis ; et sic dicitur certius illud » quod habet certiorem causam : et hoc modo /ides » certior est tribus prœdictis ( sapientiâ, scientiâ,
I) inteüectu J quia fides innititur veritati divinœ, » tria autem prœdicta innitunturraXionihumanœ. » Alio modo potest considerari certiludo ex parle » subjectif et sic dicitur esse certius quod pleniiis » consequitur intellectus hominis ; et per hune » modum , quia ea quœ sunt fidei sunt supra » intellectum hominis , non autem ea quœ sub- » sunt tribus prœdictis , ideo ex hoc parte fides « est minus oerta. ( a. 2 . q. 4- art. 8. o.) »
Telle est aussi la doctrine de saint Augustin qui enseigne en plusieurs endroits de ses ouvrages que la foi nous conduit à l’intelligence. Il est clair que c'est du moins qu’on passe au plus , et non du plus au moins. « Auctoritas fidem
J) fiagitat et rationi prœparat hominem. Batio » ad intellectum cognitionemque perducit. » ( lib. de vera religione. )
■ et CO ce sens la foi est plus certaine que la sagcsêo , la science
• et rinlelligciicc , parce qu'elle s'appuie surla véracité divine ; au
• lieu que la sagesse, la science et l’intelligence s'appuient sur la
• raison humaine; a* dans le sujet qui reçoit la certitude : sous
• ce rapport , on dit qu'une chose est plus certaine , quand elle
• est plus complètement comme par rcutendcmCnt humain ; et » en ce sens , les choses de la foi étant au-dessus de rentendement » humain , tandis que celles qui appartiennent à la sagesse , ^ la » science , h rintelligcnce , tic surpassent {>oint sa portée , la foi » est moins certaine. »
(1) • L'autorité requiert la foi ci prépare Thomme à la raison :
> la raison le conduit ù IintclUgcncc et k la connaissance. »
EXAMEN d’üN ouvrage , ETC. I7
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