‹ Examen d'un ouvrage intitulé: Des doctrines philosophiques sur la certitude dans leurs rapports avec les fondemens de la théologie par l'abbé GerbetChapitre 83 sur 152 · CHAPITRE CINQUIÈME. lyl · texte numérisé non relu

CHAPITRE CINQUIÈME. lyl

de conscience de répandre autant qu’ils le pouvaient la connaissance du vrai Dieu. C’était là un moyen très-suHQsant d’amener tous les peuples à cette connaissance si nécessaire , si les peuples , insoucians et livrés au désordre de leurs passions , avaient fait quelque cas de la vérité. Joignez à cela les hommes extraordinaires que Dieu suscitait de temps en temps chez les nations , et qui avaient aussi sans doute une mission , puisque saint Paul leur reproche de ne l’avoir pas remplie, et les accuse d’injustice pour avoir retenu captive la vérité qu’ils étaiertt chargés de manifester. Voilà l’ordre public et général que Dieu avait substitué à cet autre ordre qui avait cessé par la négligence et la perversité des hommes; et c’est aussi à cette négligence et à cette perversité qu’il faut s’en prendre , si des moyens très-sufhsans en eux-mêmes pour faire connaître la vérité par toute la terre ne produisirent pas cet heureux effet.

Ensuite , nous savons qu’il existe deux ordres de la divine Providence , l’un général , l’autre particulier ; l’un public , l’autre secret. Écoutons saint Augustin. (') a Quoniam divina

(i) I La divine Providence ayant pourra non-scnlcment anz

> besoins de chaque homme en particulier , mais encore aux

> besoins communs de tout le genre humain ; ce que Dicn

• fait pour chaque individu , lui seul le sait , et celui en faveur

• duquel il agit ; ce qu'il fait pour le genre humain , il a roula

> noua le manifester par l'hisloire et par les prophéties. •

iga EXAMElf d’un ouvrage , ETC.

» Prwidentia , non solùrn si/tguiis hominibus » quasi privatim , sed universo generi humano » tanquam publicè consulit , qiùd cum singuUs » agatur , Deus qui agit alque ipsi cum quibus » agitur sciunt. Quid autem agatur cum généré » humano , per historiam commendari voluit, et » per prophetiam.y>{ De vera Relig. n° l\d. ) L’ordre général de la Providence est pour le genre humain et pour les nations en masse : cet ordre serait très-suflisant pour les individus , si les nations s’y conformaient fidèlement. Par exemple , si toutes les nations avaient reçu les prédicateurs de l’Évangile et écouté leurs leçons avec docilité , il n’y aurait aujourd’hui que des Chrétiens sur la terre. Mais comme il n’arrive que trop souvent que les nations résistent à cet ordre général et le rejettent , sans qu’il y ait de la faute de tous les particuliers , la divine Pro- Tidence paraîtrait en défaut , si , outre le moyen général destiné au genre humain en général , elle n’avait pas des moyens particuliers pour la conduite des individus. Cette Providence particulière , en ce qui concerne la Religion, a toujours été et est encore aujourd’hui nécessaire ; car , malgré la grande facilité qu’il y a ’^e connaître la Religion Chrétienne , c’est un fait incontestable qu’il y a des millions d’individus à qui cette connaissance est impossible, à ne considérer que l’ordre général de sa promulgation. Sous l’ancienne loi , il est indubitable que

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l’ordre général était encore beaucoup plus insufiisant pour les individus ; et c’était à l'ordre particulier , alors comme à présent , qu’il appartenait d’y suppléer. Mais par quels moyens y suppléait-il ? C’est ce qu’il est inutile d’examiner ; car , comme le dit saint Augustin, si nous connaissons par l’histoire et par les prophéties l’ordre général et la conduite de Dieu à l’égard du genre humain , ce qui se passe entre Dieu et la créature individuelle n’est connu que de Dieu et de l’ame sur laquelle il agit. Cet ordre secret nous sera connu au jour des manifestations; et il nous suffît, pour le présent, de savoir que cet ordre est essentiellement juste , et qu’aucun individu ne sera condamné ou puni pour avoir ignoré ce qu’il n’était pas en son pouvoir de connaître. C’est donc fort mal raisonner que de dire : Les hommes , pris individuellement , n’avaient d’autres moyens do connaître la Religion que l’instruction des pères , donc cette instruction n’a pas pu cesser. Les moyens qui nous sont connus sont les moyens généraux , qui constituent l’ordre public et commun ; et à leur défaut , il y a pour les individus des moyens qui nous sont inconnus et dont ils ne sont jamais privés que par leur faute. Cela doit s’entendre dans les choses qui sont d’absolue nécessité. Que le gouvernement du Japon , par exemple , ferme la porte aux pn*dicateurs de l’Évangile et prive ainsi tous ses

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