FXAjretr d’oh ouvrage , etc
sujets de ce moyen général que Dieu a établi pour que les hommes parviennent à la foi , c’est sans doute un grand malheur ; car le moyen commun est sans contredit le plus efficace pour les individus. Mais les individus qui ne sont point coupables de cet obstacle mis à la prédication de l’Évangile, seront-ils pour cela entièrement abandonnés et n’auront-ils aucun moyen de parvenir au salut ? L’infinie miséricorde de Dieu ne nous permet pas de le penser. Le salut leur est devenu beaucoup plus difficile , mais pas impossible. Dieu a |K>ur chaque individu un ordre de Providence dont il s’est réservé le secret. Les uns ont plus de secours et de grâces que les autres , car Dieu distribue ses dons comme il lui plaît ; mais personne n’est entièrement abandonné. Ce que je dis du Japon s’applique de soi-même à bien d’autres peuples et à la généralité des peuples avant Jésus-Christ. Ils s’étaient privés par leur faute du moyen général que Dieu leur avait donné de connaître la Religion , ils s’étaient soustraits à l’ordre établi de Dieu ; mais l’ordre particulier de la Providence n’a jamais cessé d’exister , parce que cet ordre est pour chaque individu , et qu’il dépend de chacun d’y être fidèle.
Je ne suivrai pas l’Auteur dans la description qu’il fait du Christianisme avant Jésus-Christ. Il voit les pères de famille , Égyptiens , Chaldéens , Grecs , Romains , Gaulois , etc. occupés
CnAPITRE CINQUIÈSIE. IqS
à instruire leurs enfans dans la connaissance de la loi divine ; il n’a aucune difficulté à trouver en tous lieux une autorité infaillible et visible, pour juger les controverses qui pouvaient s’élever en matière de Religion , il voit que partout il était facile à tous les hommes de connaître la vraie Religion. Tout cela , je l’avoue , est beau, mais , malheureusement , un peu idéal et pas assez d’accord avec ce que l’histoire nous apprend de l’état des nations à la venue du Messie. Je crois avoir démontré que cette théorie n’appartient pas à la doctrine Catholique ’, et que rien ne nous oblige de l’admettre contre notre propre conviction. L’Auteur substitue visiblement les principes qu’il s’est faits à ceux de la Théologie Catholique qu’il avait promis d’exposer. Je n’examinerai pas s’il a toujours saisi le vrai sens de Suarez dans les nombreux passages qu’il en cite. Il me paraît qu’il a lu bien superficiellement les ouvrages de ce grand Théologien ; mais une discussion sur ce point me conduirait trop loin , et elle n’est nullement nécessaire.
EXAMEIf D’nPf OUTRAGE-, ETC.
«4eeoo6>«09ei:»4H}W0O0w«t^v«^eeâtfdO0adeo»o CHAPITRE SIXIÈME.
Du Cartésianisme dans ses rapports avec la Foi avant Jésus-Christ.
Je ferai peu d’observations sur ce chapitre.
L’Auteur n’y fait guère que répéter ce qu’il a déjà dit, ou déduire des conséquences des principes qu’il a établis. J’ai examiné ces principes et je les ai trouvés fort peu solides. Nous devons admettre en tout et sans hésiter la doctrine Catholique , mais l’Auteur confond trop souvent avec cette doctrine ses propres idées ; or ses idées ne sont pas des dogmes , ni toujours des vérités. Il combat , dit-il, le Cartésianisme et la Théologie fondée sur le Cartésianisme. Pour moi , je ne défends ni ne condamne le C.artésianisme , qui est un système de Philosophie que l’Eglise n’a ni approuvé ni condamné, et je ne connais pas de Théologie fondée sur le Carté. sianisme. Lorsque je me suis permis de combattre les idées de l’Auteur , je ne me suis appuyé que sur saint Augustin et saint Thomas qui n’étaient pas Cartésiens.
Arrêtons-nous un instant sur un raisonnement fort singulier que l’Auteur met dans la bouche d’un Cartésien qui croit que la raison