‹ Examen d'un ouvrage intitulé: Des doctrines philosophiques sur la certitude dans leurs rapports avec les fondemens de la théologie par l'abbé GerbetChapitre 87 sur 152 · CHAPITRE SEPTlirWE · texte numérisé non relu

CHAPITRE SEPTlirWE

transmise de siècle en siècle par une tradition perpétuelle et universelle , ni que cette connaissance se soit conservée dans tous les pays ; elle n’enseigne pas qu’il existât une Eglise universelle qui fût visible chez tons les peuples ; elle n’enseigne pas que chez tous les peuples il existât un enseignement public et infaillible de la vraie Religion et des vérités primitivement révélées. Je crois même qu’il est bien difficile de concilier ces dogmes de nouvelle invention avec l’enseignement Théologique tel que nous l’ont transmis nos pères ; car selon cet enseignement , lorsque le Messie parut dans le monde au temps annoncé par les Prophètes , l’universalité des hommes était plongée dans l’ignorance la plus déplorable des vérités les plus nécessaires au salut. Anciennement, dit saint Thomas , Dieu n’était connu que dans la Judée , maintenant il l’est par toute la terre : Antiquitus Deus erat notus tantum in Ju- ' dœa , nunc autem per totum mundum. ( Expos, in Symb. art. 9.) Si nous consultons l’histoire , nous trouvons que le vrai Dieu n'avait d’autel nulle part ; ou s’il en avait un dans la ville la plus renommée par sa civilisation , par sa science et ses beaux arts, cet autel n’existait que pour proclamer qu’on ne connaissait pas ce Dieu créateur du Ciel et de la terre , et que tout au plus soupçonnait -on son existence; il portait pour inscription Ignoto Deo.» .\ussi cet hom-

(1) • Au Dieu incoauu. »

ao6 ex\me:t d’cpt ouvrage , etc.

mage insignifiant rendu à la Divinité n’empèchait-il pas que la ville entière ne fût livrée au culte superstitieux et insensé des idoles : c’était là le culte qui était approuvé par le consentement commun. (')« Hoc peccatum apud gentes com- » mune erat , et non reputabatur. (S. Thom. in I. ad Cor. c. xii. lect. i.)Saint Paul annonce aux Athéniens ce Dieu auquel ils rendaient une espèce de culte sans le connaître, ce Dieu créateur <le l’univers et inconnu à l’univers. Le Docteur des nations donne aux Athéniens une autre leçon dont ils avaient également besoin: il leur apprend qu’ayant une origine divine , comme quelques-uns de leurs poètes l’avaient dit , ils ne devaient pas croire que la Divinité pût être semblable à de l’or, de l’argent , ou de la pierre , dont l’art et l’industrie des hommes avaient fait des ligures. Enfin il leur déclare que Dieu , après avoir souffert l’ignorance de ces temps, leur fait prêcher la pénitence. (’)« Genus ergo cüm simus » Dei, non debemus œstimareauro , aut argento, » aut lapidi, sculpturœ artis , et cogitationis ho- » minis , Divinum esse simile. Et tempora quidem

(i) • Ce piSclié était commun parmi les nations , et on ne la « regardait point comme péché. •

(a) • Puis donc (jne nous sommes enfans de Dicn , nous ne ■ devons pas croire que la natnre divine ait rien de semblal>le à

• l'or , à l'argent , à la pierre façonnée et sculptée par l'art et

• l'iiiduslric de l'Iiomme. Rt Üieu , après avoir dissimulé l'igiio-

• rance de ces temps , avertit maintenant tous les hommes de

• faire pénitence. •

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