‹ Examen d'un ouvrage intitulé: Des doctrines philosophiques sur la certitude dans leurs rapports avec les fondemens de la théologie par l'abbé GerbetChapitre 91 sur 152 · CHAPITRE SEPTIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE SEPTIÈME

On voit par ces citations que saint Thomas n’a pas cru qu’il fût question clans ce passage de saint Paul d’une connaissance de Dieu fondée sur la Révélation , et généralement répandue ]>armi les Gentils. Il est clair qu’il a , comme la foule des commentateurs , eirtendu les paroles de l’Apùtrc d’une connaissance accpiise par un usage de la raison , dont la multitude n’est guère capable. Je ne puis croire cjue l’Auteur veuille éluder l’autori>é de saint Thomas comme il a fait celle de ses adversaires, et qu’il soutienne sérieusement que ce saint Docteur n’a pas lu le passage de saint Paul. Il ne lui reste donc qu’à soutenir que ce passage n’a pas été compris de saint Thomas , et C{ue c’est lui qui en a l’intelligence. C’est au lecteur à choisir entre ces deux autorités. Pour moi, mon choix est bientôt fait, et je me tiens à saint Thomas. Je crois rpie celui qui ne connaîtra le passage de saint Paul que par la traduction qu’en donne l’Auteur en aura une idée très-imparfaite.

Saint Thomas n’admet pas davantage que les Gentils aient eu connaissance de la loi divine révélée , et cependant il trouve un sens aux paroles , cùtn justitiam Dei cognovissent , non intellexerunt quoniam qui talia agunt , digni surit morte. Selon lui , elles signifient simplement qu’ayant connu par la raison que Dieu est juste et possède toutes les perfections, ils n’ont point voulu comprendre qu’il punirait leurs péchés :

22a EXAMEW d’uM OUVRAGE , ETC.

Cùm cognoi'issent Deum justum et omnes perfectiones habentem , non crediderunt quod pro peccatis pœnam inferret. Ces péchés qu’ils devaient juger dignes de châlimens étaient les péchés contre la loi naturelle , loi que saint Thomas et tous les Théologiens distinguent de la loi révélée et enseignent être connue par les lumières de la raison.

L’Auteur dit que « les superstitions idolâtri- » ques , et les désordres qu’elles enfantaient , » n’étaient point un crime particulier aux philon sophes , mais le crime commun des nations «païennes.» [p. i38); et il en conclut que l’Apôtre parle des Gentils en général et pas seulement des philosophes. 11 me semble que cette consécpience n’est pas légitimement déduite. 11 est bien vrai que l’idolâtrie et les désordres qui s’ensuivaient étaient le crime commun des nations païennes ; mais ce n’en était pas moins un crime particulièrement imputable aux philosophes et à la partie éclairée des nations , et c’est avec raison que saint Paul le leur reproche.

On sait assez que c’est la partie éclairée d’une nation qui dirige toute la nation , et que la multitude ignorante se règle d’après l’exemple des sages ou de ceux qu’elle croit tels. C’est à cette multitude aveugle que s’adresse ailleurs l’Apôtre lorsqu’il dit : (*)« ,4d simulacra muta, » prout ducebarnini , euntes. » Ces paroles sont

(a) ■ Vüu» TOUB laisBÎcc cooduirc ^ des idoles muettes. »

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