‹ Examen d'un ouvrage intituléChapitre 105 sur 180 · CHAPITRE SEPTIÈBIE · texte numérisé non relu

CHAPITRE SEPTIÈBIE

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communément que, pour parrenir au salut, il n’était point nécessaire d’appartenir à la Synagogue , et que Dieu a pu avoir et a eu en effet des élus parmi les nations , mais ils enseignent également qu’il n’y avait de vraie Église visible, ayant un enseignement connu et public , que celle du peuple de Dieu.

L’Auteur ajoute : a Que dit la doctrine pliilo- » sophique ? Partant du principe d’autorité, elle » en conclut d’abord la nécessité d’une révéla- » tion primitive , qu’elle établit en même temps » comme fait, d’après le témoignage de tous les » peuples ; elle conclut en second lieu , du priu- » cipe fondamental d’autorité , la nécessité per- » pétuelle et universelle de la tradition , et elle » prouve en même temps que, de fait , les vérités » révélées aux premiers hommes ont été toujours » conservées dans le genre humain par la tradi- » tion perpétuelle , universelle ; d’où il suit que » l’Église a eu dans tous les temps les carac- » tères de la plus haute autorité visible , et » qu’elle a pu toujours être aisément discernée » des hérésies , qui n’étaient que des erreurs » particulières opposées à la tradition générale.» {p. i35. )

Il est incontestahle que la doctrine Philosophique de l’Auteur dit tout cela et beaucoup d’autres choses encore plus merveilleuses ; il ne peut pas y avoir de controverse là-dessus. L’unique question qu’on puisse faire est de sa-

aC)6 EXAMEN d’üN OUVRAGE, ETC.

voir si tout cela est bien dit , si cela est conforme à la vérité et d’accord avec le sentiment commun des Théologiens , des Pères et des Docteurs de l’Église. Car , moi aussi , je tiens au consentement commun, et je le prends volontiers pour règle de ma croyance , toujours prêt à soumettre mon jugement au jugement de ceux à qui je dois respect et obéissance. L’existence de fait d’une tradition perpétuelle et universelle des vérités primitivement révélées peut paraître prouvée à la raison individuelle de l’Auteur ; mais ce n’est pas là , je pense , une de ces vérités qui soient admises communément et sans contradiction ; et s’il est vrai qu’il n’y ait d’autre principe de certitude que le consentement commun, il sera forcé d’avouer que son assertion n’est rien moins que certaine.

D’abord , les Cartésiens ne sont certainement pas de son avis ; et si nous l’en croyons, sous cette dénomination il faut comprendre presque tous les Théologiens modernes. Voilà déjà un bon nombre de dissidcns ; mais on s’en débarrasse facilement en disant qu’on sait bien que les Cartésiens sont ennemis du sens commun. Cette réponse, comme on voit, est péremptoire. Laissons donc pour ce qu’elle vaut l’autorité des Philosophes et des Théologiens Cartésiens, et regardons-la comme de nul poids dans la balance. Mais l’autorité de l’Église doit toujours être parfaitement d’accord avec celle du conseil-

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