‹ Examen d'un ouvrage intituléChapitre 106 sur 180 · CHAPITRE SEPTIEME · texte numérisé non relu

CHAPITRE SEPTIEME

teraent commun ; autrement, il y aurait conflit entre deux autorités infaillibles. Or, sans contredire la doctrine de l’Église Catholique, il est très-permis de dire : i” Que les nations infidèles n’ont pas la foi , car c’est là ce que veut dire le mot même infidèle ; qu’à la venue du Messie , toutes les nations, une seule exceptée , étaient infidèles. D’où il suit, si je ne me trompe, que la foi n'existait nulle part chez les nations , faisant toujours l’exception des élus que Dieu a pu se réserver par cet ordre particulier de sa Providence, qui, comme le dit saint Augustin, n’est connu que de lui et des individus qui en sont l’objet ; mais ces individus isolés et unis seulement par un lien invisible , ne pouvaient pas constituer une Église qui eût les caractères de la plus haute autorité visible.

Parmi les hérésies qui , selon l’Auteur, n’étaient que des erreurs particulières , il faut sans doute compter V idolâtrie. Mais, de bonne foi , pouvons - nous être condamnés , en vertu du sens commun, à croire que le culte des idole® n’a été qu’une erreur particulière ? Ce culte n’était - il pas répandu sur toute la surface de la terre ? Et l’Auteur lui-même, deux pages plus bas, ne dit-il pas que les superstitions idolâtriques étaient le crime commun des nations païennes ? Si c’était un crime commun , l’erreur sur laquelle était fondé ce crime était donc aussi une erreur commune. Aura-t-on recours au subterfuge de

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dire que c’était une erreur de conduite et non de croyance ? iMais , outre qu’il n’est guère concevable qu’une conduite commune ne soit point fondée sur une croyance commune , puisque , selon M. G. , ce sont les croyances qui déterminent les devoirs , comment l’Auteur prouvera-t-il que le crime commun de l’idolâtrie n’était qu’une erreur de conduite et non une erreur de croyance? Dira-t-il que la généralité des idolâtres croyait l’unité de Dieu ? Je conçois qu’il faut bien qu’il le dise, puisque , dans la nouvelle doctrine, l’unité de Dieu n’est prouvée que par le consentement commun. Je ne veux pas contester làdessus pour le moment, quoique cela paraisse bien étrange. Je veux bien admettre , ou du moins ne pas nier que les idolâtres croyaient généralement l’iinilé de Dieu ; la difficulté n’est pas pour cela résolue. En effet, ne pas croire l’unité de Dieu n’est pas la seule erreur possible en matière de foi, et l’unité de Dieu n’est pas la seule vérité de foi qui soit en contradiction avec l’idolâtrie. Quelque chose que l’on puLsse dire , il faudra bien avouer que l'idolâtrie ou le culte des idoles était un culte criminel rendu à des idoles que l’on honorait comme des divinités ou comme représentant des divinités. Sur quoi je propose ce dilemme : Ou les nations idolâtres croyaient que les objets de leur culte étaient des dieux , ou elles ne le croyaient pas ; si elles croyaient que c’étaient des dieux , elles erraient

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