CHAPITRE SEPTIÈME
sur Tunité de Dieu ; si elles ne le croyaient pas , elles pensaient donc qu’il est permis de rendre les honneurs divins, d’offrir des sacrifices à des créatures , et ainsi elles niaient ce premier précepte du Décalogue , « {^i) Dominum Deitm tiiurn B adorabis , et illisoli servies ; » précepte qui devait sans doute se trouver dans le dépôt des vérités primitivement révélées. Je dis qu’elles le niaient; car elles ne regardaient pas le culte des idoles comme une chose illicite et criminelle. « fa) Pec- » caluni hoc, dit saint Thomas, commune erat » apud Gentes , et non reputabatur. »
Il serait inutile de dire qu’il n’y avait point erreur commune , puisque chaque nation avait ses dieux et son culte différent de celui des autres nations ; car l’erreur ne consistait pas à adorer les dieux de Rome plutôt que ceux de la Grèce ou de l’Égypte ; l’erreur commune aux Romains, aux Grecs, aux Égyptiens et à toutes les nations idolâtres, a été de rendre à la créature l’hoiineur qui n’est dû qu’au Créateur et qu’il s’est réservé à lui seul. A'^oilà l’erreur que l’Apôtre reproche aux Gentils. Ignorantes Deum , iis , qui naturd non sunt dii , serviebatis. Quelques noms que les hommes donnassent à leurs dieux , l’erreur était la meme, comme l’objet de leur
(i) • Voas adorerez le Scignear votre Dieu , et toiu uc «errirei
• que lui seul. •
(a) • Ce péché était commua parmi les uatioas , et ou ne le
• regardait pas comme péché. >
3oO EXAMEIC d’dN OUVRAGE, ETC.
culte était le même. C’est constamment le démon qui se faisait adorer sous ces différentes figures et ces différentes dénominations. Omnesdii Gentium dœrnunia. ( Psal. xcv. 5.) Dira-t-on que le premier objet du culte des nations, celui à qui s’adressaient les sacrifices , était toujours le vrai Dieu ? Pourquoi donc l’Apôtre dit-il , « (i) Quœ » immolant Gentes , dœmoniis immolant , non » Deo ? ( I. Cor. x. ao. )
Il n’en est donc pas du crime de l’idolâtrie comme des autres crimes des nations , dont l’Apôtre fait une si hideuse énumération. Ces crimes étaient les crimes des individus , ils ne supposaient aucune croyance commune erronée, et la preuve en est qu’ils étaient réputés crimes par les Gentils eux-mêmes , qu’on se cachait pour les commettre , et que les lois les punissaient. Mais peut-on en dire autant de l’idolâtrie ? Quelle loi , excepté celle des Juifs , l’a jamais défendue ? Dans quel pays n’était-elle pas au contraire publiquement autorisée et commandée par les lois? Ne faisait-on pas un crime aux Chrétiens de ce qu’ils désobéissaient aux lois en refusant d’adorer les dieux de l’empire ? On comprend que des individus puissent pécher contre leurs croyances les plus intimes , mais il est inconcevable que toutes les nations aient à l’envi fait des lois pour autoriser , pour commander uu culte con-
(0 ■ Ce qae les niüons immolent , elles l'immolent an<
démons , et non! Dieu >