CHAPITRE SEPTIÈME
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damné par la croyance commune et par cette tradition perpétuelle , universelle , qu’on nous donne pour conservatrice fidèle et infaillible des vérités primitivement révélées.
Voyons maintenant de quelle manière l’Auteur répond à quelques objections qu’on lui a faites ou qu’il se propose lui-même, a On a prétendu » d’abord , dit-il , que , suivant un passage de » l’épître de saint Paul aux Romains , les philo- » sophes seuls avaient eu la notion de l’unité de » Dieu , ignorée de la plus grande partie du » genre humain. Ceux qui ont imaginé cette » difficulté auraient dû prendre la peine de lire » le passage de saint Paul. »
Ceux qui ont cru que, dans le passage de saint Paul dont l’Auteur veut parler , l’Apôtre attribue la connaissance de l’unité de Dieu , non à la multitude des Gentils, mais seulement aux Philosophes, ou aux sages d’entre les Gentils , sont presque tous les commentateurs de l’épître aux Romains, et à leur tête plusieurs saints Pères et saint Thomas d’Aquin. Cette autorité n’en impose pas à l’Auteur, il s’en débarrasse fort lestement en disant qu’ils auraient dû lire le passage de saint Paul , ce qui suppose qu’ils ne l’ont pas lu. Cette réponse pourra paraître à plusieurs des lecteurs de M. G. passablement arrogante. Pour moi j’aime mieux y voir une preuve de la modestie singulière de l’Auteur qui pousse la condescendance jusqu’à prendre la
3oa EXAMEN d’dN OUVRAGE , ETC.
peine de répondre à une objection fondée sur un passage que ses adversaires n’ont pas lu.
Comme je ne suis pas du sentiment de l’Auteur sur le sens de ce passage , pour ne pas m’exposer au même reproche , je dois commencer par prouver à l’Auteur que j’ai lu le passage , et je crois ne pouvoir en donner de preuve plus convaincante que de le transcrire. Je l’interpréterai ensuite avec saint Thomas qui en a parlé fort au long, et j’espère que l’Auteur restera convaincu que ce saint Docteur avait lu le passage en question , pour le moins aussi bien que lui. Voici le passage en entier. *
« (i) iV'o/z erubesco Evangelium. Virtiis enitn
(i) • Je ne rou|;is point de l'^ivangilc ; car il Cüt la Tcrtn do
• Dieu ponr saoTcr tous ceux qui croient , le Juif d'al)ord , et I ensuite le Gentil. En effet, la justice que Dieu communique à » l'homme y est réTt’di'e comme venant de la foi et sc perfection-
> nant dans la foi , selon ce qni est écrit : Le juste vit de la fui.
■ Et l’on y découvre aussi la colère de Dieu qui éclatera du Ciel
• contre toute l’impiété et l’injustice de ces hommes qui retien-
> nent la vérité de Dieu dans l’iniquité ; parce qu’ils ont ru la
• connaissance de ce qui peut sc découvrir en Dieu , Dieu le leur
> ayant manifesté ! car ce qu’il y a d’invisible en lui est devena
> visible et manifeste depuis la création du moe.de , ainsi que sa
• paissance éternelle et sa divinité ; de sorte qu'ils sont inexcu-
■ sables , parce qu'ayant connu Dieu , ils ne l’ont point glorifié
• comme Dieu et ne lui ont point rendu grâces ; mais ils sc sont s égarés dans Icnrs vains raisonnemeus , et leur cœur insensé a
• été rempli de ténèbres. Ainsi , en s’attribuant le nom de sages,
> ils sont devenus fous , au point de transférer l’honneur dû au
• Dieu incorruptible h l’image d’un homme corruptible et .â des
• figures d’oiseaux , de quadrupèdes et de reptiles C’est pourquoi