CHAPITRE SEPTIÈME
paroles , Cùm justitiam Dei cognovissent , non intellexerunt quoniam qui talia agunt , digni sont morte. Selon lui , elles signifient simplement qu’ayant connu par la raison que Dieu est juste et possède toutes les perfections, ils n’ont point voulu comprendre qu’il punirait leurs péchés ; Càm cognovissent Deum justum et omnes perfectiones habentem , non crediderunt quod pro peccatis pœnam inferret. Ces péchés qu’ils devaient juger dignes de châtimens étaient les péchés contre la loi naturelle , loi que saint Thomas et tous les Théologiens distinguent de la loi révélée et enseignent être connue par les luijnières de la raison.
L’Auteur dit que « les superstitions idolâtri- » ques , et les désordres qu’elles enfantaient , » n’étaient point un crime particulier aux philo- » sophes , mais le crime commun des nations «païennes ; » (/?. i38) et il en conclut que l’Apôtre parle des Gentils en général et pas seulement des Philosophes. Il me semble que cette conséquence n’est pas légitimement déduite. Il est bien vrai que l’idolâtrie et les désordres qui s’ensuivaient étaient le crime commun des nations païennes ; mais ce n’en était pas moins un crime particulièrement imputable aux Philosophes et à la partie éclairée des nations , et c’est avec raison que saint Paul le leur reproche. On sait assez que c’est la partie éclairée d’une nation qui dirige toute la nation , et que la
3lO EXAMEW d’üN ouvrage , ETC.
multitude ignorante se règle d’après l’exemple des sages ou de ceux qu’elle croit tels. C’est à cette multitude aveugle que s’adresse ailleurs l’Apùtre lorsqu’il dit : « (i) simulacra muta , » prout ducebarnini, euntes. » Ces paroles sont une sorte d’excuse pour atténuer la faute. Ici il s’adresse à ceux qui étaient faits pour conduire et donner l’exemple ; il reproche à ceux qui ont eu la connaissance de Dieu d’avoir retenu injustement la vérité captive, parce que c'était pour e»ix un devoir de la confesser , de la publier , de la faire connaître généralement , ce qui aurait pu prévenir les désordres. Au lieu de cela , ils se sont enorgueillis d’une connaissance qui ne devait pas être purement spéculative , ils se sont perdus dans leurs propres pensées , et leur prétendue sagesse est devenue une véritable folie ; ils sont tombés eux-mémes dans tous les égareraens dont ils devaient préserver les autres. C’est donc à eux que devaient s’adresser les reproches et les menaces.
( p. iSg. ) « Iæs Théologiens Cartésiens ont cru » trouver aussi , dans un autre passage de saint » Paul , une objection contre la nécessité de la » tradition , et de la révélation elle - même. » L’Auteur donne la traduction d’un long passage de l’Apôtre , traduction sur laquelle il y aurait aussi quelque remarque à faire , mais je m’en abstiens. Ce qu’il y a de principal dans ce passage
(i) * Vous TOUS laiesici conduire i de* idoles maeltes. »