CHAPITRE SEPTIEME. 3l
ment fait au texte de saint Paul est une distraction de l’Auteur, Quant à son raisonnement, je ne saurais voir qu’il existe une liaison entre l’antécédent et le conséquent. De ce que l’on pèche en n’observant pas une loi , et de ce que l’on est puni pour l’avoir transgressée, il ne suit pas nécessairement que celte loi renferme tous les préceptes qu’il est nécessaire d’observer pour parvenir à la vie éternelle. Cette loi que les Gentils connaissaient, ou qu’il était en leur pouvoir de connaître , et que nous pouvons bien , avec saint Thomas et avec la foule des Théologiens , appeler loi naturelle , non - seulement parce qu’elle est conforme à notre nature , comme l’Auteur l’insinue , mais encore par opposition à la loi révélée, qui est également conforme à notre nature, cette loi, dis-je, était universelle , et particulière. Elle obligeait tous les hommes et chacun en particulier. Quiconque ne l’observait pas était digne de la mort éternelle; mais il ne s’ensuit nullement qu’elle contînt tout ce qui était nécessaire pour parvenir à la vie. Celui qui prendra du poison mourra infailliblement ; s’ensuit-il que pour conserver la vie il suffise de s’abstenir de prendre du poison ?
Si les nations qui, par leur faute, avaient perdu la connaissance de la révélation , avaient été fidèles à cette loi naturelle que la raison leur enseignait , Dieu , sans doute , leur aurait
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donné ce qui était encore nécessaire pour parvenir à la vie , et nous croyons que les particuliers qui l’ont exactement observée, ce qui , comme le remarque saint Thomas , n’a jamais pu avoir lieu sans la grâce , ont obtenu des grâces ultérieures dont ils avaient besoin pour se sauver. Nous le croyons , fondés sur le double ordre de Providence générale et de Providence particulière que reconnaît saint Augustin et que reconnaissent avec lui tous les Théologiens Catholiques. Cette loi universelle naturelle prescrivait le culte d’un seul Dieu , dont on pouvait avoir la connaissance par la lumière de la raison ; mais cela ne suffisait pas pour avoir la véritable foi. Aussi persisté-je à soutenir , désirant que l’Auteur ne se scandalise pas de mon assertion , que les Gentils n’avaient pas la véritable foi , et qu’il n’y avait point chez eux d’autorité infaillible et visible , dépositaire des vérités révélées et chargée de les enseigner.
» Veut-on , ajoute l’Auteur , n’entendre ce » passage que des préceptes moraux ? alors tout » ce qui en résulte c’est qu’il existe chez tou- » tes les nations une loi morale , que cette loi » est naturelle ou conforme à la nature , qu’elle » est écrite dans le cœur , que la conscience la » reconnaît et lui rend témoignage. Conclure » de là que cette loi , pour être connue , n’a pas » besoin d’être enseignée , c’est faire dire à l’A-