CHAPITRE SEPTIÈME. Zl
y> pôtre ce qu’iî n’a point dit , c’est ajouter une n opinion à une vérité certaine. » (/>. i4i. )
En changeant à son gré la signiOcation des mots et en les détournant de l’acception communément reçue , il n’est point de fausseté qu’on ne puisse établir sur les autorités les plus respectables , point de vérité qu’on ne puisse attaquer et renverser par les mêmes moyens. Il plaît à l’Auteur d’entendre par loi naturelle une loi conforme à la nature ; partant de ce principe , rien n’est plus facile que de démontrer que toutes les lois sont naturelles ; car une loi qui ne serait pas naturelle en ce sens , c’est-àdire , qui ne serait pas conforme à la nature , ne serait pas une loi ; puisque toute loi impose une obligation , et qu’il répugne qu’un être puisse avoir l’obligation d’agir contre sa nature. Que deviennent donc les distinctions que les saints Pères , les Théologiens , et généralement ’ tous les écrivains qui ont traité cette matière ont mises entre les lois ? Tous ont parlé de la loi naturelle comme d’une loi distinguée des autres , et pourtant personne , que je sache , n’a enseigné qu’il existe des lois non conformes à la nature , ou non naturelles , dans le sens que l’Auteur donne à cette expression. Ce n’est donc plus l’enseignement , mais le langage même qu’il s’agit de réformer. En attendant que cette réforme soit autorisée par le consentement commun , il nous sera libre de penser et de parler
3i8 EXAMEir D’nir ouvrage, etc.
comme les Docteurs de l’Église ont pensé et parlé jusqu’ici. Voyons donc quelle est leur doctrine sur ce point.
Saint Thomas nous enseigne que la loi naturelle se borne à l’enseignement des vérités pratiques que la raison naturelle fait connaître. « (i) lüud solurn est de lege naturali quod ratio » naturalis suadet. » (inS. Matlb. c. xxxiii. ) Suivant ce saint Docteur , ce qui appartient à la foi est surnaturel , et ne peut être dit naturel qu’improprement. « (a) Fides est supra cognitio- » nem rationis naturalis..,. propriè naturalia X dicuntur quce ex principiis naturœ causantur. » ( 4- d. 17. g, 3. sol. 2. ) Ailleurs il nous explique d’une manière fort claire ce que c’est que la loi naturelle. « (3) Cùm Psalmista dücisset : ( Ps. iv. )
(1) • La loi naturelle ne renferme que ce qu'enseigne la raison ■ naturelle. •
(a) > La foi est d'un ordre supérieur 1 la connaissance que , donne la raison naturelle Les choses naturelles sont propre-
• ment celles qui naissent des principes de la nature. •
(3) • Après que le Psalmiste a dit ; Oifrei un sacrifice de jus>
• ticc ; il suppose qu'on lui demande quelles sont les œuvres > de justice. Plusieurs disent : Qui noos fera connaître ces a biens ? Et répondant è cette question , il dit > La lumière do s votre visage , Seigneur , a été imprimée en nous ; comme pour a faire entendre que la lumière de la raison naturelle par laquelle a nous discernons ce qui est bien et ce qui est mal , objet propre a de la loi naturelle , n'est autre chose que la lumière divine a imprimée en noos. D'où il suit clairement que la loi naturelle a n'est antre chose qu'une communication de la loi éternelle ,
• faite ù la créature raisonnable, a