‹ Examen d'un ouvrage intituléChapitre 116 sur 180 · CHAPITRE SEPTIÈHK. 3a · texte numérisé non relu

CHAPITRE SEPTIÈHK. 3a

j> très-bien dans ma mémoire les imap;es des » sons qui ont formé ces paroles , et je sais » qu’après avoir passé dans l’air , en y produi- » sant un certain bruit , ces sons ont cessé d’è- » tre et se sont évanouis. Mais ce n’est par » aucun de mes sens que j’ai connu les choses '

» dont ils sont les signes , et je ne les ai vues » nulle part si ce n est dans mon esprit. Ce ne » sont point leurs images , ce sont elles-mêmes » que j’ai renfermées dans ma mémoire. Qu’elles » me disent donc, s’il leur est possible , d’où et » comment elles y sont venues : car c’est vai- » nement que je visite tous mes sens , je ne » saurais trouver une seule de ces portes de mon » corps par où elles aient pu se frayer une » entrée.

» Mes yeux me disent : Si ces choses sont co- » lorées , c’est nous qui vous les avons fait con- » naître ; mes oreilles me disent : Si elles ont » rendu quelque son , c’est par nous que vous » les connaissez ; le sens de l’odorat me dit : Si » elles ont exhalé quelqu’odeur , c’est par moi i> qu’elles se sont ouvert un passage ; le sens par » lequel je goûte me dit de même : Si elles n’ont » point de saveur , ne m’interrogez point sur ce » qu’elles peuvent être ; Si elles ne sont point » corporelles , me dit enfin le toucher , je n’en » ai senti aucune impression , et n’en ayant rien » senti , je .n’ai pu vous indiquer ce qu’elles » sont. Par où ces choses sont-elles donc entrées

ai .

3a4 JSXAMEîT d’os OÜVRAGE , ETC.

a dans ma mémoire , et d’où ont-elles pu venir ?

» Je ne le sais en aucune manière : car lorsque » je les ai apprises , ce nest pas sur le témoi- » gnage d'un autre que je les ai crues ; c’est dans j> mon propre esprit que s’en est fait l’examen ;

» c’est là que je les ai reconnues vraies , et alors P je les lui ai confiées comme un dépôt qu’il dep vait me rendre chaque fois qu’il me plairait de P le lui demander. Ces choses étaientjdonc dans P mon esprit avant que je les eusse apprises , P mais peut-être n’élaient-elles point encore P dans ma mémoire? Comment se fait-il donc P que je les ai reconnues à l’instant même où P la parole me les a montrées ? Pourquoi ai-je P aussitôt répondu : Cela est vrai ^ cela est ainsi; P si ce n’est qu’en effet elles étaient déjà dans P ma mémoire, mais tellement à l’écart et comme P enfoncées dans des antres si profonds , que P si quelqu’autre ne m’eût averti de les en tirer, P je n’en aurais peut-être jamais eu la pensée, p Que l’on contredise donc ouvertement saint Augustin si l’on veut , mais qu’on cesse de nous le donner comme ayant enseigné une doctrine entièrement opposée à ses senti mens.

L’Auteur a ctu trouver une parité entre la loi naturelle que l’Apôtre dit être écrite dans le cœur de l’homme , et la loi évangélique , lui révélée, dit-il, et connue seulement par le moyen extérieur de l’enseignement ; cette loi étant également écrite dans nos cœurs , suivant la doc-

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