CHAPITRE SEPTIÈME. 3a
trine du même Apôtre. « (i) Manifestati quod » epistola estis Christi , ministrata a nobis , et » scripta non atramento , sed spiritu Dei vivi ; » non in tabulis lapideis , sed in tabulis cordis » carnalibus. » ( II. Cor. iii. 3. ) « Si l’on conclut, » ajoute l’Auteur , du premier passage , que » tous les hommes trouvent en eux-mêmes la Re- » ligion primitive, il faudra conclure du second, » que tous les Chrétiens trouvent aussi la Reli- » gion de Jéscs-Ciirist en eux-mêmes , ce qui » est manifestement faux. » {p.
Je réponds i” qu’aucun Théologien Catholique ne prétend que tous les hommes trouvent en eux-mêmes la Religion primitive; car tous les Théologiens conviennent que la Religion primitive nécessaire au salut, ou nécessaire à l’homme pour parvenir à sa fin surnaturelle , contenait des dogmes dont la connaissance était au-dessus de sa raison, et qu’il ne pouvait par conséquent connaître que par la révélation et en soumettant sa raison. Il n’a jamais été possible de se sauver sans la foi : « (a) Sine fide impossihile est » placere Deo. » C’est l’Apôtre qui le dit ; les Théologiens n’ont garde de le nier, et tous sous-
(0 • It manifote qae tous éirs la lettre de Jisus-CNBisT , « dont nous u'aToiis été que les ministres , et qui est écrite , non s arec de l'encrc , mais par l'esprit du Dieu rivant , non sur • des tables de pierre , mais sur des tables de chair qui sont vos s cœnrs. •
(a) < Sans 1a foi il est impossible de plaire i Dieu. •
3a6 EXAMEN d’dN ouvrage , ETC.
crivent à la doctrine que saint Thomas exprime en ces termes : « ( i ) Necessarium fuit homini ad » salutern quod ei nota fieront quœdam per re- » velationem divinam , quœ rationern humanain » excedunt. » ( i. q. i. art. i. o. ) Tout ce que runanimité des Théologiens et des interprètes conclut du passage de saint Paul est que ceux qui, sans connaître la loi divine révélée aux Juifs, font ce qui est prescrit par la loi, en matière de morale, montrent que les préceptes de morale sont écrits dans leurs cœurs : Ostendunt opus legis scriptuni in cordibus suis. Ce n’est point la loi divine révélée qui donne aux hommes cette connaissance , elle la suppose , du moins quant aux principes généraux qui sont le fondement de la loi naturelle. « (i) Sicut » gratia prœsupponit naturum , ita oportet quod » lex divina prœsiipponat legem naturalem. » ( 1. a. q. 99. art. a. ad i.)
a“ Si du premier passage nous concluons que tous les hommes trouvent en eux-mêmes la loi naturelle, j’avoue que du second il faut conclure également que tous les Clirétiens trouvent en eux -mêmes la loi évangélique; cette conséquence me parait bien déduite, et je ne puis
(i) • Il a élé nécessaire it rkonimo . ponr parvenir au saint , • d'acquérir par la révélation divine la connaissance de certaines « choses qui surpassent la raison huuiaine. •
(9) • Comme la grlcc suppose la nature , de même la loi divine > suppose uéeeuairement la loi naturelle. •
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la nier. — Mais cela est manifestement faux. — Vraiment j’aurais cru que cela était manifestement vrai, et je ne puis assez m’étonner que l’Auteur paraisse convaincu du contraire. £n effet , si la loi évangélique est écrite dans le cœur de tous les Chrétiens , comment seraitil possible que tous les Chrétiens ne trouvassent pas la loi évangélique en eux-mémes ou dans leur cœur? Est-ce donc qu’elle y serait écrite sans s’y trouver ? Pourquoi donc , demandera l’Auteur, la loi naturelle pourra -t-elle être connue , sans le moyen de l’enseignement extérieur , puisque la loi évangélique ne le peut pas , quoiqu’elle soit également écrite dans le cœur? Je ne ferai pas de grands efforts pour trouver la réponse , car l’Auteur me l’a suggérée lui-même sans s’en douter. Ne dit-il pas avec Tertullien que les hommes ne naissent pas Chrétiens, mais le deviennent? Voilà ma réponse à la question. Pour que la loi évangélique soit écrite dans le cœur d’un homme , il faut que cet homme soit Chrétien ; or il n’est pas Chrétien par naissance , il faut qu’il le devienne , et il ne peut le devenir que par un .moyen extérieur , par une régénération. C’est lorsqu’il devient Chrétien par le baptême , que la loi du Chrétien, la loi évangélique se grave dans son cœur, cela est manifeste. Mais peut-on dire également que les hommes ne naissent pas hommes , fiunt , non nascuntur homines ? Il faudrait qu’on pût