‹ Examen d'un ouvrage intituléChapitre 124 sur 180 · CHAPITRE HOITIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE HOITIÈME

aux livres qu’ils regardaient comme contenant la parole infaillible de Dieu. Néanmoins , comme les Juifs qui refusaient de se rendre à l’évidence des œuvres du Messie faisaient profession de croire à la divinité des livres de Moïse et de leurs autres Prophètes , Notre - Seigneur , pour les convaincre par leurs propres principes , les renvoie à ces livres. « (i) Scrutarnini Scripturas , » quia vos putatis in ipsis vitani œternam. hait bere ; et illœ siint quœ testimonium perhibent » de me. » ( Joan. v, 3g. ) On ne dira pas , je pense , qu’en parlant ainsi Notre-Seigneur semblait supposer que la raison primitive de croire en lui était la discussion des passages de l’Ancien Testament qui le concernaient.

Qu’y a-t-il donc d’étonnant que des Théologiens qui savent très-bien que l’autorité de l’Église est solidement établie indépendamment de l’Écriture , qui reçoivent cette Écriture divine des mains de l’Église, et qui disent de tout leur cœur avec saint Augustin que c’est sur l’autorité de l’Eglise Catholique qu’ils croient à la divinité du livre des Évangiles , se servent cependant de l’Écriture - Sainte pour établir les dogmes de leur croyance , et particuliérement le dogme de l’autorité de l’Église contre ceux

(i) • Examinei les Écritures , puisque tous crayci y trouver s la vie éternelle ; ce sont encore elles qui rendent témoignage s de moi. •

34S EXAMEX d’cW ouvrage , ETC.

qui les combattent , partant d’un principe admis des hérétiques , pour les forcer d’admettre un autre principe également certain , mais qu’ils ne reconnaissent pas , pour les convaincre ou les confondre par leurs propres armes ? Procéder ainsi , ce n’est point supposer qne la raison primitive de croire l’Église dépende de la discussion de quelque passage de l’Écriture, c’est tout simplement imiter l’exemple que nous ont donné Jésus-CiiRisT lui - même , les Apôtres et tous les saints Pères. Nous venons de voir que Notre- Seigneur prouve aux Juifs sa mission par les Écritures. Saint Paul réfute les objections des incrédules de son temps contre la résurrection des morts , et leur en prouve la possibilité , non - seulement par l’autorité de l’Écriture- Sainte , mais encore par des raisons naturelles. Faisait-il pour cela dépendre la croyance de ce dogme , ou sa certitude , de la force des raisons naturelles qu’il apportait pour prouver qu’il ne contredisait pas la raison ?

Saint Augustin , prouvant par l’Écriture- Sainte le dogme du péché originel contre les Pélagiens , réfutant par l’Écriture - Sainte les erreurs des Manichéens , des Donatisles et des autres hérétiques , ne supposait pas que la croyance des dogmes Catholiques dépendit de la discussion des passages dont il se servait pour confondre ses adversaires ; mais il savait que , selon la doctrine de saint Paul , a Toute

Page 1