CHAPITRE HUITIÈME
ame à la vérité. L’Auteur n’est point de cet avis , il lui semble que la discussion des passages de l’Écriture serait la raison primitive dont dépendrait la foi de cet homme. Par une raison semblable, il faudrait rejeter la foi de ce Nicodème qui vint trouver Notre-Seigneur et lui dit : « (i) Rabbi , scimus quia a Deo venisti ma- » gister : nemo enim potest hœc signa facere quas » tu facis , nisï fuerit Deus cum eo. » ( Joan. ni. a. ) Et de cet autre à qui le Sauveur dit : « (a) Quia » dixi tibi : yidi te sub fieu , credis ; majus » his videbis. » (Joan. i. 5o. ) Il est clair que la raison primitive de la foi de ces individus était le jugement individuel qu’ils portèrent des œuvres de Notre-Seigneur.
Mais nous trouvons dans les Actes des Apôtres un exemple d’une foi plus irrégulière encore ; c’est celui de l’Eunuque de la reine Candace. Cet officier lisait un passage du Prophète Isaïe , qu’il ne comprenait pas ; un inconnu s’approche de lui et lui offre de lui en donner l’explication. Il fait monter cet étranger dans son char , écoute l’explication qu’il lui donne , ainsi que le récit des événemens qui venaient de se passer à Jérusalem. Il en est tellement frappé que
(i) c Maître , noaa saToai que tous êtes venu de Dieu pour ■ nous instruire ; car personne ne peut faire 1rs prodiges que tous
• faites , & moins que Dieu ne soit avec lui. •
(a) • Parce que je tous ai dit que je tous avais vu sous le
• Gguier, Touscrojei; vous verrex quelque chose de plus grand. >
354 EXAMHW d’dIT ouvrage , ETC.
tout à coup il s’écrie : « Voilà de l’eau, qti’est-ce » qui empêche que je ne sois baptisé ? Philippe » lui répondit : Vous pouvez l’étre , si vous » croyez de tout votre cœur. 11 lui repartit : Je » crois que Jésus-Christ est le Fils de Dieu. Il 9 commanda aussitôt qu’on arrêtât son char, et ils descendirent tous deux dans l’eau , et 9 Philippe baptisa l’Eunuque, p Voilà bien une foi fondée sur la discussion d’un texte de l’Écriture et sur le témoignage d’un individu. Peuton rien trouver de plus contraire à la doctrine d’autorité ? Malheur à qui se convertirait aujourd’hui de la sorte ! L’Auteur , s’il entreprenait la conversion d’un Protestant , s’y prendrait d’une manière bien differente de celle de Philippe ; il n’aurait garde de citer les passages de l’Évangile et des Livres saints qui établissent l’autorité de l’Église, ni de les expliquer ; il insisterait sur sa disjonctive , et il donnerait le choix à son Protestant de se déclarer Sceptique ou de croire à l’autorité de l’Église. Mais il reste une difficulté ; si son adversaire ne se rendait pas à un argument si pressant et niait la disjonctive , comme cela est assez probable , que ferait M. G. ? Je présume qu’il s’efforcerait de la prouver par des raisonnemens , fort bons sans doute , ou du moins qu’il jugerait tels ; mais je crains bien que ce ne fût en pure perte. Én effet , ou ses raisonnemens convaincraient son adversaire, ou ils ne le convaincraient pas : dans le second