‹ Examen d'un ouvrage intituléChapitre 131 sur 180 · CHAPITRE HUITIÈSIE · texte numérisé non relu

CHAPITRE HUITIÈSIE

points de vue différens ; que Bossuet disait : Cela n’est pas Chrétien , donc cela n’est pas raisonnable ; et Claude , Cela n’est pas raisonnable , donc cela ne peut pas être Chrétien. C’est encore là une assertion fausse et démentie par la relation que nous avons de la conférence. Il suffit de la lire pour être convaincu que jamais dispute ne fut plus précise ni mieux conduite. Notre dispute , dit Bossuet lui-même , fut suivie et assez serrée. Or il en eût été autrement , s’ils avaient envisagé la question sous deux points de vue différens ; car ils auraient parlé sans s’entendre , ce qui est une source de confusion dans les disputes. L’un ne dit point, Cela n’est pas Chrétien , donc cela n’est pas raisonnable ; et l’autre , Cela n’est pas raisonnable , donc cela ne peut pas être Chrétien ; car il ne fut nullement question entr’eux de concilier la raison avec le Christianisme. Tous deux supposaient comme certain que ce qui est Chrétien est raisonnable, et que ce qui n’est pas raisonnable n’est pas Chrétien. Tous deux admettaient sur ce point la doctrine de saint Thomas qui dit: a (i) Eu quœ naturaliter rationi sunt imita , ve-

< Cl) Les choses qai sont Dstarcllemcnt imprimée^ dsns la s raison sont si manircstemcut Traies , qu'il est impossible de B pens^ qu'elles soient fausses : et ce que l'on tient par la foi est B si éfidemmeiit conGrmé par le témoignage de Dien , qu'il B n'est pas permis de le croire faut. Puis donc que le faux seul B est contraire au rrai, comme il paraît clairement à l'inspection

370 F.XA.MEîr d’cN OÜVRAGE , ETC.

» rissima esse constat , in tantum ut nec ea esse » falsa sit possibile cogitare , nec id quod fide » tenetur , cùrn tam evidenter divinitus conjir- » matum sit , fas est credere esse falsum. Quia » igitur solurn falsum veto contrarium est , ut » ex eorum définit ionibus inspectk manifesté » apparet , impossibile est illis principiis quœ » ratio naturaliter cognoscit prœdictam verita- » tem fidei contrariam esse. » ( contra Gent. , lib. I. c. 7. )

Le ministre ne demandait donc pas à Bossuet s’il était raisonnable de croire à l’Eglise , pas plus que Bossuet ne lui demandait s’il était raisonnable de croire à l’Evangile ; mais comme Bossuet pressait le ministre d’expliquer comment , dans les principes du Protestantisme , le Fidèle peut, sans passer par le doute, croire à l’Évangile , celui-ci demandait à son tour comment , dans les principes du Catholicisme , le Fidèle pouvait croire sans examen à l’Église ; et Bossuet répliquait que le Fidèle ayant reçu avec le baptême la foi infuse , il ne pouvait plus être question de savoir comment il croyait.

L’Auteur prétend que , dans cette controverse, Bossuet raisonna d’après les idées Chrétiennes encore dominantes chez les Protestans , mais qu’il n’entra nullement dans la question géné-

» de leurs déGnitions , il est impossible que la 'tànlé de foi dont » nous parlons soit contraire à ces principes que la raison connaît » naturellement, s

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