‹ Examen d'un ouvrage intituléChapitre 132 sur 180 · CHAPITRE HUmi':ME. 3'j I · texte numérisé non relu

CHAPITRE HUmi':ME. 3'j I

raie que le ministre avait touchée. Le lecteur eu peut juger. Quant à moi , je pense que la réponse de Bossuet ne pouvait être ni plus directe ni plus décisive. Il n’était nullement question entre lui et son adversaire du principe tle certitude. Personne n’avait encore imaginé de faire une question de Religion de la recherche de ce principe. Il ne s’agissait entr’eux que de la foi divine, et de part et d’autre on croyait que la certitude de la foi divine est fondée sur la véracité de Dieu. Voici à quoi se réduisait toute la question. Bossuet avait objecté aux Protestaus l’impossibilité de faire, dans leurs principes, un acte de foi sur l’Écriture-Sainte avant de l’avoir examinée ; d’où il concluait avec raison qu’un Chrétien baptisé à qui on présentait pour la première fois l’Écriture-Sainte , devait douter de la divinité de ce Livre , et par ce doute devenir infidèle à la foi infuse qu’il avait rei^ue dans le baptême. Le ministre , qui ne pouvait pas répondre à cette objection , essaya de la tourner contre les Catholiques, et prétendit que le Chrétien baptisé à qui on proposait pour la première fois l’autorité de l’Eglise devait également douter jusqu’à ce qu’il fut convaincu qu’il devait se soumettre à cette autorité. Il est assez clair que ce que Bossuet avait à faire était tle montrer que la rétorsion du ministre n’avait point de fondement ; et c’est ce qu’il fit trèsdirectement, en faisant voir qu’on ne peut rai-

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sonner du Chrétien baptisé à l’égard de l’auto^ rite de l’Église , comme on doit raisonner du Protestant à l’égard de l’Écriture-Sainte. En effet le Chrétien baptisé dit dans le Symbole, Je crois l’Église Catholique, mais il ne dit pas Je crois V Écriture-Sainte. C’est là une différence bien manifeste; car on peut croire l’Église sans savoir qu’il existe une Écriture- Sainte. Lors donc que l’Église lui présente l’Écriture, il faut de toute nécessité qu’il reçoive cette Écriture comme divine, ou qu’il cesse de croire l’Église qui la lui présente ; mais lorsqu’on lui parle de l’Église, il ne peut y avoir aucune difficulté, puisqu’il a toujours cru l’Église, En un mot , on montre au Protestant un moment où il ne croit pas encore l’Écriture. Il faudrait donc , pour que la rétorsion du ministre fût fondée, qu’on pût aussi assigner un moment où le Catholique ne croit pas l’Église ; ce qui est impossible. Il est vrai que Claude demandait aussi comment les Catholiques croyaient l’Église sans examiner; mais Bossuet lui répondit avec raison que ce n’était pas là la question , puisque le ministre lui-même était obligé d’admettre que les enfans , recevant par le baptême la foi infuse , croyaient l’Église Catholique , comme ils croyaient au Père , au Fils et au Saint-Esprit , et que c’était le Saint-Esprit qui leur mettait dans le cœur l’acte de foi par lequel ils croyaient tous les articles du Symbole. « C’est donc en

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