‹ Examen d'un ouvrage intituléChapitre 135 sur 180 · CHAPITRE HDITlkME · texte numérisé non relu

CHAPITRE HDITlkME

effet , s’il avait eu de bonnes raisons , qui l’empêchait de les donner ? Il publia une Relation de la conférence , dans laquelle il essaya de se donner la supériorité sur son adversaire, mais cette tentative lui réussit assez mal ; Bossuet réfuta cette Relation , et démontra que telle qu’elle était , et malgré toute l’adresse que le ministre y avait mise , elle contenait l’aveu de sa défaite.

Je dirai aussi que l’Auteur , tout en s’efforçant d’atténuer le triomphe de Bossuet , est obligé de convenir qu’il fut complet. En effet , il doit avouer, premièrement, que la notion du Christianisme qui était communément reçue du temps de Bossuet est la véritable notion ; secondement , que les argumens qui prouvaient alors que la méthode Protestante détruisait cette notion doivent prouver la même chose encore aujourd’hui; car si la méthode Protestante a varié , ce n’est pas en se rapprochant de la méthode Catholique. Le système Protestant , dit-on , a marché , les idées Chrétiennes ont singulièrement baissé dans la Réforme. A la bonne heure , je n’ai garde de contester là-dessus , mais je dirai , comme Bossuet , que ce n’est pas la question. La marche du système Protestant , les idées moins Chrétiennes de la Réforme , ne rendent sans doute pas plus facile la conciliation de la méthode Protestante avec la notion du Christianisme ; et si Bossuet a prouvé que la méthode Protestante

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détruisait la notion du Christianisme, cela doit rester prouvé tant que la notion du Christianisme ne changera pas, tant que la vérité restera vérité. Or la vérité prouvée réfute toutes les erreurs qui lui sont opposées, quelque forme qu’elles revêtent , quelque développement qu’elles reçoivent.

Au milieu du XVIIl® siècle , un Protestant de Genève renouvela la dispute. Qu’est-ce que cela prouve ? IS’est-ce pas la coutume des défenseurs de l’erreur ? Ils sont toujours prêts à combattre. Cent fois terrassés , ils se relèvent cent fois, avec une audace nouvelle. On voudrait nous faire croire que si la cause du Protestantisme n’avait pas triomphé, c’était uniquement la faute de son défenseur. «Claude, dit le nouvel » athlète, avait été le premier si étourdi, qu’il » ne put jamais tenir ferme sur le point décisif, JJ qui consistait à demander comment on s’y JJ prenait pour croire à l’Église. Il le demanda JJ souvent à la vérité , mais il laissa toujours JJ échapper son homme.» [p. 176.) Notre Auteur se met encore ici sur les rangs , et ajirès avoir servi de second au ministre Claude contre Bossuet , il rend le même service au ministre de Genève contre l’Evêque du Puy.

Je n’entrerai pas dans cette nouvelle discussion , parce que, n’ayant point cette controverse sous les yeux , je ne pourrais pas relever les inexactitudes et les réticences qui peuvent se

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