‹ Examen d'un ouvrage intituléChapitre 138 sur 180 · CHAPITRE HCITIÈHE · texte numérisé non relu

CHAPITRE HCITIÈHE

Et d’abord , il faut remarquer avec quelle sagesse Bossuet avait établi la distinction importante qu’on doit faire entre l’Infidèle et le Clirétien baptisé. Le Baptême n’est pas une vaine cérémonie ; celui qui le reçoit ne devient pas seulement Catéchumène ; il devient vrai Chrétien , enfant de l’Église Catholique , et son instruction doit essentiellement différer de celle de l’Infidèle. Que celui qui a une fausse croyance commence par en douter , il parait que c’est la marche naturelle. Douter de l’erreur , c’est faire un pas vers la vérité. Tant que l’Infidèle ne doutera pas , il restera tranquille dans son erreur : mais s’il commence à douter et qu’il désire connaître la vérité , il y sera conduit par les trois moyens indiqués par saint Thomas, savoir, par la raison naturelle , par le témoignage de la loi et des Prophètes , et par la prédication des Apôtres continuée sans interruption dans l’Église Catholique ; mais surtout , comme le dit ailleurs le même saint Docteur, par le mouvement intérieur de la grâce , qui éclairera son entendement et excitera sa volonté : «(i) Et , quodplus » est, interiori instinctu Dei invitantis. » Bossuet n’avait point là-dessus une doctrine différente de celle de l’Ange de l’école. Mais la demande du ministre concernait les Chrétiens baptisés ; et

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c’est aussi des Chrétiens baptisés qu’il était question entre M. de Pompignan et le ministre de Genève. Il s’agissait de savoir comment le Chrétien qui a reçu le [Baptême dans son enfance parvient à croire raisonnablement à l’Église. Je dois faire voir que Bossuet a trèsbien saisi cette question et qu’il l’a suffisamment résolue.

a C’est une erreur , dit-il , de s’imaginer qu’il » faille toujours examiner avant de croire. » Si nous croyons l’Auteur {p. i83. ) , l’Évêque du Puy ne fit pas difficulté d’accorder à son adversaire que T enfant doit raisonner avant de croire^ que l’acte de foi dans l’enfant même est précédé par un jugement sur les motifs de crédibilité , lequel ne se forme qu après un mûr et suffisant examen. J’avoue que j’ai peine à croire que l’Évêque du Puy ait fait ces concessions ; l’assertion et les citations des pages de l’Auteur ne me rassurent pas entièrement, je n’ai que trop d’exemples qu’il ne saisit pas toujours exactement le sens des passages qu’il cite. Quoi qu’il en soit , si l’Évêque du Puy a fait les concessions qu’on lui attribue , je n’hésiterai pas à reconnaître qu’en cela il s’est écarté visiblement, je ne dis pas seulement de la doctrine de l’Évêque de Meaux , mais de celle de l’Église Catholique qui enseigne que les Chrétiens reçoivent dans le Baptême le Saint-Esprit et la foi infuse , et « qu’ils sont , par la grâce du Saint-Esprit et

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