CHAPITRE HUITIÈME. SqI
» par la foi infuse , en état de faire un acte de » foi quand la foi leur sera prèchée. » Si un Évêque avait enseigné une autre doctrine , une voix unanime se serait élevée contre lui dans toute l’Église Catholique. Or cet Évêque ne craint pas de dire publiquement que a les prin- » cipes de la Religion et la conduite de l’Église » Catholique n’avaient rien de contraire à ce » qu’il avait avancé avec tous les Théologiens, et » sans avoir été contredit par aucun Catholique, » sur l’usage nécessaire de la raison dans le dis- » cerneraent des motifs de crédibilité. » Je ne puis donc m’empêcher de croire que l’Auteur s’est trompé ou qu’il a mal saisi le sens des paroles de l’Évêque du Puy.
Le Chrétien ayant reçu par le Baptême , avec le Saint-Esprit , la foi infuse, et le premier acte de cette foi étant , comme l’a dit Bossuet , de croire avec le Père et le Fils et le Saint-Esprit , l’Église Catholique , il ne peut plus être question de savoir comment le Chrétien acquiert cette foi ; car on n’a pas besoin d’acquérir ce qu’on a reçu, ce qu’on possède déjà. L’unique question que l’on puisse raisonnablement faire est donc comment cette foi infuse , et déjà existante dans le cœur de l’enfant , s’y développe et devient une foi éclairée et raisonnable. Or il serait évidemment absurde de supposer que , pour se développer , la foi doive commencer par se perdre , ce qui arriverait si l’enfant de-
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vait jamais douter de cette foi que le Saint- Esprit a mise en lui. La foi et la raison existent simultanément dans l’ame de l’enfant , elles se développent simultanément et dans un accord parfait. Il a reçu la raison avec l’existence , la foi lui a été donnée surnaturellement dans le Baptême de régénération. Prétendre que la foi doive se développer par le doute , serait une absurdité tout aussi grande que de soutenir que la raison doit se développer par la folie ou par des actes contraires à la raison. Mais écoutons Bossuet , puisque c’est lui qu’il s’agit de justifier. J’ose dire que , pour sa justification , il suffit de le lire et de le comprendre.
a II ne faut pas s’imaginer que les enfans en » qui la raison commence à paraître , pour ne n savoir pas arranger leurs raisonnemens , soient » incapables de ressentir les impressions de la » vérité. On les voit apprendre à parler dans un » âge plus infirme encore : de quelle sorte ils » l’apprennent , par où ils font le discernement » entre le Nom et le Verbe , le Substantif et l’Ad- » jectif , ni ils ne le savent, ni nous , qui avons » appris par cette méthode , ne le pouvons bien » expliquer , tant elle est profonde et cachée. r> Nous apprenons à peu près de même le langage » de l’Eglise. Une secrète lumière nous conduit » dans un état comme dans l’autre ; là c’est la » raison , ici c’est la foi. La raison se développe n> peu à peu , et la foi infuse par le Baptême en
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