CHAPITRE HUITIÈME. 3q
» fait de même. Il faut des motifs pour nous at- }> tacher à l’autorité de l’Église} Dieu les sait, et » nous les savons en général : de quelle sorte il » les arrange et comment il les fait sentir à ces » âmes innocentes , c’est le secret de son Saint- » Esprit. Tant y a que cela se fait , et il est cer- » tain que c’est par-là qu’il commence. Comme » c’est là le premier acte de Chrétien que nous » faisons , et que c’est sur ce fondement que » tout est bâti , c’est aussi ce qui subsiste tou- » jours. Viendra le temps que nous saurons » plus distinctement pourquoi nous croyons ; » et l’autorité de l’Église , de jour en jour , de- » viendra plus ferme dans notre esprit. L’Écri- » ture même fortifiera les liens qui nous y atta- » chent : mais il en faudra toujours venir à » l’origine, c’est-à-dire , à croire sur l’autorité de » l’Église. En quelque âge qu’on soit , c’est par » là que l’on commence à croire à l’Écriture : on » continue aussi sur le même fondement , et » saint Augustin était déjà consommé dans la » science ecclésiastique quand il a dit , Qu’il ne » croirait pas à F Évangile , si V autorité de t Église » Catholique ne Vy obligeait. »
Je ne connais aucun Théologien Catholique, Cartésien ou non Cartésien, qui n’enseigne la même doctrine. Lorsque la raison de l’enfant est développée , et pendant qu’elle se développe , il a les mêmes motifs de croire l’Église Catholique que peut avoir un adulte quelcon-
3g4 EXASrEW d’üw obvrage , etc.
que ; et ces motifs font d’autant plus d’impression sur son esprit , qu’il a toujours cru ce qu’ils lui persuadent.
» Dieu , dit encore Bossuet , ne manque pas » demotifspour attacher ses enfansàson Eglise , » à laquelle il a donné des caractères si par- » ticuliers et si éclatans. Cela même , qu’elle est » la seule de toutes les sociétés qui sont au » monde, à laquelle nul ne peut montrer son » commencement , ni aucune interruption de » son état visible et extérieur par aucun fait » avéré, pendant qu’elle le montre à toutes les » autres sociétés qui l’environnent, par des faits » qu’elles-mèmes ne peuvent nier ; cela même » est un caractère sensible qui donne une invio- » labié autorité à la vraie Église. Dieu ne man- » que pas de motifs pour faire sentir à ses en- » fans ce caractère si particulier de son Église. »
M. de Pompignan ne s’est donc écarté , ni de la doctrine de Bossuet ni de celle de l’Église quand il a dit que « dès que la foi est volon- » taire et réfléchie , elle est nécessairement une » obéissance raisonnable. Dans les premières » années , elle est fondée sur des motifs pro- » portionnés au discernement des enfans qui » croient avec une certitude suffisante, quoi- » qu’avec moins de lumières. A mesure que la » raison se perfectionne et que les connaissan- » ces s’étendent , la foi devient plus éclairée ,
les motifs qui l’inspirent plus convaincans ,