‹ Examen d'un ouvrage intituléChapitre 141 sur 180 · CHAPITRE HUITIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE HUITIÈME

« les liens qui attachent au Christianisme plus » forts , etc. ». On voit que l’Évèque de Meaux et celui du Puy sont parfaitement d’accord , non -1 seulement entr’eux , mais avec tous les Théologiens Catholiques. Il n’en est pas un seul qui admette qu’il soit permis à un enfant Chrétien , à aucune époque de sa vie , de suspendre son assentiment jusqu’à ce qu’il ait mûrement examiné les motifs de sa foi.

L’Auteur dira-t-il que cette explication , loin d’etre satisfaisante, n’atteint même pas la difficulté ? Mais quelle est donc la difficulté ? Le point décisif, sur lequel le ministre Claude n’a pas su tenir ferme, pour avoir été trop étourdi y et sur lequel le Protestant de Genève et son second sont si fermes , n’est - il pas de savoir comment on s'y prend pour croire à F Église ? Or, si je ne m’abuse , je n’ai point éludé la difficulté, je l’ai résolue ; et je crois l’avoir fait dans les principes de l’Église Catholique, tels qu’ils sont connus et défendus par tous les Théologiens Catholiques. J’ai dit , avec saint Thomas, que les Infidèles adultes sont amenés à la foi en Jésus-CnRisT et à son Église par la raison naturelle , par le témoignage de la loi et des Prophètes , par la prédication des Apôtres et de leurs successeurs , et , plus que tout cela , quod plus est, par l’action intérieure de la grâce divine qui les attire et les éclaire. J’ai dit, avec le même saint Thomas , avec Bossuet dont j’ai

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emprunté les paroles , et avec l’unanimité des Théologiens Catholiques, que l’enfant qui devient Chrétien avant d’avoir l’usage de la raison , reçoit dans le Baptême le Saint - Esprit et la foi infuse , laquelle lui fait croire , avec le Père , le Fils et le Saint-Esprit , l’Eglise Catholique ; que cette foi se développe en lui en même temps que la raison , qu’elle ne peut jamais cesser ni demeurer suspendue , parce que les motifs de croire , toujours souverainement raisonnables , sont présentés à sa raison à mesure quelle est en état de les discerner. De quelle manière cela se fait-il ? c’est , dit Bossuet, le secret du Saint-Esprit. Mais nous ne devons pas oublier que , de tous les motifs de croire , le plus puissant est cet attrait intérieur de la grâce , qui n’agit jamais plus fortement que dans l’ame innocente qui n’y oppose aucune résistance. La foi infuse qui , dans l’enfant est un sentiment , avant de pouvoir être un jugement , n’est point oisive dans son ame ; elle y agit en deux manières , en le portant à croire ce qui doit être cru, et à repousser ce qui est contraire à la foi. « (i) Fïdei habitus infusas in » duobus nos adjuvat ; scilicet ut credamus ea » quœ credenda sunt , et ut eis quce non sunt

(1) • L'habiladc infuse de la foi nous assiste en denx points ,

• d'abord pour que nous croyions ce qui doit £tre cru , et ensuite

• pour que nous n’acquicscions en aucune sorte à ce qui ne

• doit pas être cru. •

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