‹ Examen d'un ouvrage intituléChapitre 143 sur 180 · CHAPITRE IIUlTlàME · texte numérisé non relu

CHAPITRE IIUlTlàME

sion, qu’on réponde à leurs objections, à leurs raisonnemens , qu’on ne leur laisse aucun doute dans l’esprit. Elle regarde cet usage de la raison comme celui d’un droit naturel , qui ne peut avoir aucun inconvénient , si la bonne foi et le désir de connaître la vérité préside à cet examen. Celui qui doute , peut et doit examiner pour dissiper son incertitude ; et celui qui ne doute pas, peut encore examiner pour se confirmer dans sa croyance et se mettre eu état d’instruire les autres et de les persuader. C’est une erreur de s'imaginer que le droit d’examiner suppose le droit de ne pas se soumettre à la vérité prouvée , ou bien celui de douter ou de suspendre une foi légitimement fondée. Ce prétendu droit ne serait autre que le droit d’agir en insensé , de n’étre pas raisonnable. Notre-Seigneur invite les Juifs à chercher dans leurs livres les preuves de sa mission ; mais il ne reconnaît pas pour cela en eux le droit de ne pas se rendre à l’évidence de ces preuves, ou de celles qu’il y ajoutait , en faisant en leur présence des œuvres que nul autre n’avait faites. Il invitait aussi ses Apôtres à se convaincre par leurs sens de la réalité de sa résurrection et de sa présence. « Regardez , » leur dit- il , mes mains et mes pieds , et recon- » naissez que c’est moi - même ; touchez - moi et » considérez qu’un esprit n’a ni chair ni os , » comme vous voyez que j’en ai. » (Luc. xxiv. 3g.) En parlant de la sorte, le divin Sauveur autori-

4oa EXAMEN d’dIT ouvrage , ETC.

sait sans doute ses Disciples à examiner, mais il ne les autorisait pas pour ceU à douter ou à suspendre leur foi sur ce dogme qu’il leur avait précédemment révélé.

Sans doute , on peut abuser de ce droit comme de tous les autres , et parmi les Apôtres euxmêmes saint Thomas en abusa ; mais l’abus que l’on fait d’un droit ne le détruit pas. Il se trouvera des gens qui diront : J’ai examiné les preuves que l’on donne de la révélation , et elles ne me paraissent pas convaincantes. J’ai examiné les motifs qu’on apporte pour me faire croire à l’Église , et ils ne me persuadent pas. On demande : Qui condamnera ces raisonneurs ? I^eur propre conscience, et Celui qui sonde les replis du cœur humain. C’est à lui qu’appartient le jugement : Domitms est qui judicat. S’il se trouvait une raison humaine tellement constituée , que , cherchant la vérité de bonne foi , et faisant usage , pour la trouver , de tous les moyens intérieurs et extérieurs qui sont en son pouvoir , elle ne pût parvenir à la connaître , j’ose dire que l’individu qui aurait reçu une telle raison en partage , ne serait pas coupable de n’avoir pas connu la vérité. Mais nous savons qu’il n’en peut être ainsi , et que Dieu , qui veut le salut de tous les hommes , donne à chacun les moyens qui lui sont nécessaires pour y parvenir par la connaissance de la vérité. « (i) Qui omnes homi-

(i) • U Tcat que tons les hommes soient sauves , et parviennent > à la connaissance de la vérité. •

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