CHAPITRE HEDVIÈME
Je ne m’arrêterai pas à réfuter ces explications. Je ne le pourrais faire qu’en répétant ce que j’ai déjà dit dans le cours de mes observations , puisque l’Auteur ne -fait autre chose que se répéter lui-même. Je m’en rapporterai au jugement du Lecteur éclairé qui aura parcouru cet écrit, et je me contenterai d’ajouter quelques courtes observations qui serviront à faire connaitre si la méthode de l’Auteur est bien exactement la méthode Catholique.
1® Si la raison primitive de croire à l’Église n’est que le principe même de la raison humaine , si le Chrétien croit à l’Église en vertu du seul principe par lequel il puisse croire quelque chose ; ne s’ensuit-il pas qu’il croit à l’Église comme il croit à une autre vérité quelconque , par exemple à l’existence de la ville de Pékin ou de la ville de Constantinople ; c’est-à-dire , qu’il y croit naturellement , d’une foi humaine et avec la certitude dont la foi humaine est susceptible. Le motif de toutes ses croyances étant le même , il faut nécessairement que toutes ses croyances soient divines , ou qu’aucune ne le soit. Mais il me semble que cette doctrine s’éloignerait un peu de la doctrine Catholique. Une croyance , telle que celle qui ne nous permet pas de douter de l’existence de la ville de Constantinople, est bien une croyance certaine, mais est-elle une croyance Chrétienne ? Bossuet ne le pensait pas , et je ne le pense pas plus que lui.
43o EXAMEN d’üN OUVRAGE , ETC.
2* J’ai dit qu’on ne sait pas trop ce que l’Auteur entend par foi à V Église. En effet , cette expression qui peut avoir un sens trèsjuste , est aussi susceptible d’une interprétation qui ne le serait pas. Tous les Théologiens s’en sont servis , et je m’en suis servi moi-même sans aucune difficulté , pour exprimer que l’Église est un des objets de notre foi. J’ai dit : Je crois à r Église , comme je dirai : Je crois à la communion des Saints , je crois à la rémission des péchés , à la résurrection de la chair , à la vie éternelle ; c’est-à-dire , que je crois que ce sont là autant d’articles qui me sont proposés à croire de foi divine. Je dirai encore : Je crois à V Église , c’est-à-dire , Je reçois les décisions de l’Eglise comme des oracles dictés par le Saint-Esprit. Mais ne perdons pas de vue que c’est du principe de la foi qu’il est ici question , et nous concevrons qu’il est nécessaire d’apporter la plus grande précision dans les termes. Cette précision , nous la trouvons dans le Symbole même de la foi. Après avoir dit : Credo in Deum Patrein omnipotcntem.... in Jesum Christum Filium ejus unicurn in Spiriturn Sanctiirn , nous di-
sons , non pas Credo in Ecclesiam , ni Credo Ecclesiœ , mais Credo sanctam Ecclesiam Catholicarn. Nous croyons Dieu , nous croyons en Dieu , et nous croyons à Dieu, c’est-à-dire , que Dieu est l’objet, le principe et le motif de notre foi , nous croyons l’Église , c’est-à-dire , que
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