‹ Examen d'un ouvrage intituléChapitre 153 sur 180 · CHAPITRE IÎEDVIr:ME · texte numérisé non relu

CHAPITRE IÎEDVIr:ME

l’Église et les autres articles du Symbole , en tant qu’ils se rapportent à Dieu , sont l’objet de la foi divine : mais nous croyons tout le Symbole sur le même fondement et par le même motif, qui n’est autre que la vérité première , comme dit saint Thomas , c’est-à-dire, Dieu luimême. Soutenir que nous croyons en Dieu sur l’autorité de l’Église , c’est dire une absurdité et renverser l’ordre de la foi. Saint Augustin a bien dit , et tout Chrétien doit dire avec lui , qu’il ne croyait à l’Évangile que sur l’autorité de l’Église ; mais on ne trouvera pas qu’il ait jamais dit que l’autorité de l’Église était le motif qui le faisait croire en Dieu. En effet , de qui l’Église tient-elle son autorité , si ce n’est de Dieu ? et pour qui ne croirait pas en Dieu , quelle autorité pourrait avoir l’Église ? Il faut croire l’Église, avant de croire à l’Église ; et par conséquent le motif qui nous fait croire l’Eglise ne peut pas être l’Eglise même.

3“ La doctrine Catholique nous enseigne que la foi est un don de Dieu , Dei enim donum est ;

> qu’elle est une vertu infuse , c’est-à-dire , une vertu que nous n’acquérons pas , mais que Dieu met dans nos cœurs , n’exigeant de nous que certaines dispositions proportionnées à la capacité de chacun des individus qui la reçoivent. Vouloir assigner à la foi un autre fondement, un autre principe que l’action immédiate de Dieu sur l’ame du Fidèle , c’est contredire la

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doctrine Catholique. Peu importe que l’on cherche ce principe dans la raison individuelle ou dans la raison générale , l’erreur est toujours la même , et elle consiste à donner un principe humain à une foi divine. Il est vrai que Dieu se sert communément d’un moyen extérieur pour ramener l’homme à la foi et lui manifester les vérités qui en sont l’objet ; ce moyen peut être différent pour différentes personnes; mais, quel qu’il soit , c’est toujours Dieu qui lui donne l’efficacité et qui nous en garantit la certitude.

L’Auteur plein de confiance en sa méthode , entreprend de refaire la conférence de Bossuet avec le ministre Claude. Il se met sans façon à la place de ce Prélat pour donner de meilleures réponses aux difficultés du Protestant. C’est sans doute une chose fort curieuse de voir un jeune Théologien faisant la leçon à Bossuet et lui enseignant comment il fallait s’y prendre pour répondre aux Protestans. Plus l’entreprise parait audacieuse , plus le succès en sera glorieux pour celui qui l’a formée , si elle réussit. Je me permettrai de faire mes réflexions.

Claude soutenait qu’il ne devait pas paraître si étrange qu’un particulier pût croire qu’il lui pouvait arriver de mieux entendre l’Ecritnre- Sainte que toute l’Eglise assemblée. Bossuet répondit en substance que Dieu ayant donné à son Eglise une autorité infaillible , ayant donné une mission divine à ses Apôtres, et ayant promis

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