‹ Examen d'un ouvrage intituléChapitre 154 sur 180 · CHAPITRE KEBVlfeslE · texte numérisé non relu

CHAPITRE KEBVlfeslE

qu’il serait avec eux et avec leurs successeurs jusqu’à la fin des siècles , il était effectivement étrange au dernier point qu’un particulier qui n’avait aucune promesse semblable pût , en quelque cas que ce soit , s’imaginer qu’il en savait plus qu’elle et qu’il lui appartenait d’examiner et de redresser ses décisions. On voit que pour réfuter cette réponse , le ministre devait montrer que la vraie Eglise pouvait enseigner l’erreur , c’est-à-dire , être une fausse Église , que Jésus-Christ n’avait pas promis une assistance perpétuelle à son Église enseignante , et que les Apôtres avaient eu tort d’insérer dans leur Symbole , Je crois la sainte Église Catholique. Néanmoins cette réponse paraît faible et insuffisante à notre Auteur , et voici la réponse triomphante qu’il y substitue.

« Sans doute, cela n’est pas étrange, cela est, » au contraire, souverainement raisonnable , si » le principe de certitude réside dans l’individu ; » mais , s’il réside dans l’autorité , cette pré- » tention est plus qu’étrange , elle est un acte » de folie ; puisqu’elle n’est qu’une révolte » contre la loi fondamentale de la raison. » (p. ic)8.)Nous savons que Claude ne trouva rien de solide à répliquer à Bossuet ; cette réponse de notre Auteur lui eût-elle également ou plus efficacement fermé fa bouche ? Je n’oserais l’affiriner. S’il m’étais permis de prendre la place du ministre , comme M. G. a pris celle de Bos-

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suet , voici ce que je me hasarderais de répondre : fc Je vous prie d’observer que la certitude dont » il doit être ici question est la certitude que » donne la foi divine. Or le principe de la cern titude que donne la foi divine ne peut résider » ni dans la raison individuelle , ni dans la rai- » son générale humaine , puisqu’une raison hu- » maine , que vous la supposiez individuelle ou » générale , ne peut donner qu’une certitude » humaine , ne peut être le principe que d’une » foi humaine. Cela étant , je vous demande si » l’autorité dont vous me parlez est’une autorité » divine ou une autorité humaine ? Dans le pre- » mier cas , votre réponse revient à celle de » Bossuet, et ce n’était pas la peine de le contre- » dire pour dire la même chose que lui d’une » manière plus embrouillée et plus obscure ; dans » le second cas , permettez-moi de vous appliquer » ce que vous avez dit d’un Prélat respectable : » Loin (T être satisfaisante , votre réponse nat- » teint meme pas la difficulté. »

L’Auteur prétend que le ministre objecta que s'il faut croire par voie d'autorité , il en a dû être ainsi dans tous les temps. Je n’ai pas trouvé que Claude ait fait cette objection , et l’on voit qu’il n’aurait pu ^la faire sans s’écarter de la question’; puisque la^question entre les deux adversaires était uniquement de savoir si l’on est toujours obligé de se soumettre à l’enseignement de la vraie Église , et s’il ne peut pas arri-

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