CHAPITRE HEDVIÈHE
là où il y a division , il ne peut y avoir consentement commun. Dire que c’était le consentement du grand nombre , ce n’est point lever la difficulté , qui consiste précisément à connaître quel est le sentiment du grand nombre , ce qui est souvent très-difficile dans un seill pays , et presque impossible pour la généralité des hommes , s’il s’agit de toutes les nations. 11 faut donc une autorité chargée de cette recherche , et une autorité infaillible , qui ait ses ministres et ses organes connus chargés de publier ses décisions.
De plus , nous avons encore aujourd’hui les traditions générales du genre humain , on peut même dire qu’elles sont mieux connues qu’elles ne l’étaient autrefois ; nous avons en outre les traditions des Juifs contenues dans leurs livres ; nous avons les traditions écrites et orales des Chrétiens ; nos Evangiles ne contiennent que la tradition des faits qui sont la base du Christianisme et la doctrine de son fondateur ; enfin nous avons aussi la raison humaine. Je le demande à nos nouveaux docteurs , avec tout cela pourrions - nous nous passer du tribunal de l’Église et de cette autorité iufaillible et parlante que Dieu a confiée à un petit nombre d’individus ? Le Christiahisme abandonné pour l’enseignement '• aux pères de familles et mis sous la sauve-garde de la raison générale , pourrait-il subsister longtemps ? Qu’ils répondent catégoriquement; nous
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verrons s’ils sont conséquens dans leurs principes.
Pour nous , en attendant qu’ils arrangent un peu mieux leur système , nous continuerons de dire avec Bossuet que , dans la vraie Eglise , il y a toujours eu une autorité visible et parlante , line autorité infaillible divine , et par conséquent distincte de la raison humaine qui n’est ni divine ni infaillible ; une autorité exercée par un petit nombre d’individus , et par conséquent distincte du consentement commun ; une autorité à qui on peut recourir dans tous les temps , et par conséquent qui a un tribunal connu, des agens chargés de rendre et de publier ses jugemens ; enfin une autorité qui détermine les traditions qu’il faut admettre et celles qu’il faut rejeter. Telle est l’autorité de l’Église , divine dans son principe et dans son exercice , puisque c’est constamment l’Esprit-Saint qui est l’auteur de ses décisions. Avant l’Église , il y avait la Synagogue ; et si l’on nous demande ce qu’il y avait avant la Synagogue , nous répondrons qu’avant la Synagogue il n’y avait point d’Église proprement dite ni de culte public divinement établi. Le culte était domestique. La vraie Religion n’était pourtant pas destituée d’autorité . elle en avait une qui constamment a résidé dans le petit nombre. Noé et ses enfans, dépositaires de l’ancienne Révélation et de celle qui avait été faite à eiix-mémes , avaient sans doute une autoritéqiie leurs descendans ne pouvaient récuser