‹ Examen d'un ouvrage intituléChapitre 16 sur 180 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

]es dogmes spéculatifs ; la distinction que fait l’Auteur est donc sans fondement.

L’Auteur ajoute : o 11 semble donc que cette » question ( Qu’est-ce que croire ?) devrait être » traitée dans les livres classiques avec une éten- » due proportionnée à son importance , comme » l’ont fait plusieurs Pères de l’Église et la plu- » part des anciens Théologiens. »

Il semble qu’il eût été à propos de nommer quelques-uns des Pères de l’Église et des anciens Théologiens qui ont traité cette question de la manière dont l’Auteur l’envisage ; car j’avoue que je n’en puis deviner aucun , et bien d’autres seront là-dessus aussi ignorans que moi. Saint Thomas , que jusqu’à présent on a regardé comme l’Ange de l’École , a beaucoup parlé de la foi , mais il n’a pas cru devoir mettre pour base de sa Théologie la théorie de la foi. Seraitil donc du nombre de ceux qui , faute d’avoir éclairci cette question , ont profondément altéré l’enseignement de la Théologie ? Je ne relève pas ce que l’Auteur dit des Théologiens modernes. Le peu de cas qu’il en parait faire l’a sans doute empêché de les lire attentivement. Il les juge d’après les idées qu’il a adoptées , et , j’ose le dire , sans les connaître suffisamment. Le trèsgrand nombre parle avec assez d’étendue de la foi. 11 est vrai qu’ils n’en parlent pas dans le sens de M. G. , et , à ses yeux , c’est sans doute là un grand tort.

88 EXA.ME1» d’un ouvrage , ETC.

Pour prouver la nécessité de sa théorie , l’Auteur fait plusieurs questions qu’il croit devoir embarrasser beaucoup ses adversaires. J’avoue qu’elles n’ont produit sur moi d’autre effet que de me persuader qu’il n’est pas assez versé dans la matière qu’il traite. Il est peu d’Auteurs un peu connus , où il n’eùt pu trouver la solution de ses difficultés ; et , pour prouver que cette solution ne demande pas de grands développeraens , je vais y répondre en peu de mots.

Première question. « Le principe de foi est-il » dans la raison de chaque homme , ou hors de » sa raison ? S’il est dans la raison de chaque V homme , comment cette raison faillible peut- » elle engendrer une foi infaillible ? s’il est hors » de sa raison , quel est-il ? Le témoignage de » Dieu ? Mais comment chaque homme pourra- » t-il connaître certainement le témoignage de » Dieu ? »

Réponse. Faisons évanouir les équivoques , et la solution sera facile. Qu’est-ce que l’Auteur entend par principe de foi ? Cette expression parait prise ici dans deux acceptions différentes , de sorte qu’il faut deux réponses à une même question. D’abord , par principe de foi l’Auteur semble entendre ce qui engendre /a foi ; ensuite il entend le motif de la foi , puisqu’il se répond à lui-même que ce principe est le témoignage de Dieu. Or le principe qui produit la foi , et le

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