CHAPITRE PREMIER
motif sur lequel elle est appuyée , sont deux choses que ne devrait pas confondre celui qui prétend nous donner une théorie de la foi. Je réponds donc que , s’il est question du principe qui produit la foi , il faut d’abord savoir que la foi peut être considérée comme vertu et comme acte ; comme vertu , son principe est Dieu seul ; car les livres élémentaires de la Religion nous apprennent que la foi est une de ces vertus qu’on appelle infuses , parce que c’est Dieu lui-même qui les met dans l’ame de l’homme , sans que l’homme y fasse autre chose que les demander et s’y disposer en faisant ce que Dieu exige de lui. Comme acte , la foi a pour principe Dieu et l’homme , car cet acte est produit par l’entendement éclairé d’une lumière divine , et il est commandé par la volonté mue par la grâce. S’il est question du motif de la foi , ce motif n’est autre que la parole infaillible de Dieu , et cette parole nous est certainement connue par les motifs de crédibilité exposés par saint Thomas et tous les Théologiens. Cette question clairement exposée n’a donc rien qui puisse embarrasser , je ne dis pas un Théologien , mais un Chrétien instruit de son catéchisme.
Seconde question. « L’homme doit-il examiner » avant de croire ? Alors il doit tenir sa foi en » suspens , et sa foi dépend primitivement de » son jugement particulier : comment concilier » cela avec la doctrine Catholique ? S’il ne doit
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» pas examiner avant de croire, comment sa foi » sera-t-elle raisonnable ? »
Réponse. Saint Jean a dit : (i) Nolite omnispiritui credere , sed probate spirilus si ex Deo sint. ( I . Joan. IV. I. ) £t ce conseil peut sans doute se concilier avec la doctrine Catholique. La foi divine , dont il est ici question , consiste à croire sur le témoignage de Dieu. Il n’est donc jamais permis de tenir sa foi en suspens , en ce sens qu’il n’est jamais permis de douter si ce que Dieu a dit est vrai , car s’il y a quelque chose d’évident à la raison , c’est certainement que la vérité ne peut pas mentir. Rien donc n’est plus raisonnable que de croire sans examen ce que Dieu a dit. Mais il y a des cas où il est très-permis d’examiner si ce qui est donné pour être la parole de Dieu est effectivement sa parole , et cet examen n’a rien qui contredise la doctrine Catholique. En examinant de la sorte , on ne fait que suivre le conseil que nous donne saint Jean. Mais alors , dit l’Auteur , on tient sa foi en suspens , et la foi de celui qui examine dépend primitivement de son jugement particulier. Assurément , aucun Infidèle n’est tenu de croire avant de savoir qu’il est raisonnable de croire , et l’acte de foi étant un acte libre , il est impossible qu’il ne dépende pas du jugement particulier de celui qui le fait. Cette réponse est
(i) « Ne croycx point 4 tout esprit , mai» éprouves si les > esprits viennent de Dieu.
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