‹ Examen d'un ouvrage intituléChapitre 161 sur 180 · CHAPITRE HECVIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE HECVIÈME

étaient sans doute d’un grand poids ; vous , au contraire , vous m’opposez une autorité générale dont il faut , dites - vous , que je reconnaisse l’infaillibilité sans preuves et par supposition. Mais vous devez concevoir aisément que , si j’ai refusé d’admettre une autorité dont on me donnait des preuves auxquelles j’étais assez embarrassé de répondre , je suis encore moins disposé à admettre une autorité qu’on avoue ne pouvoir être prouvée. Je me crois d’autant plus autorisé à la rejeter, que , quand même je l’admettrais , elle ne servirait de rien , ou de presque rien pour terminer notre controverse. En effet, remarquez que la question entre nous était de savoir comment on parvient , non à une foi quelconque , mais à la foi divine. Si j’avais admis l’autorité de l’Église telle que Bossuet la défendait , la controverse était finie; car on ne peut refuser de croire à une autorité divine , et on y croit de foi divine. Au lieu qu’en admettant votre autorité générale , je ne me trouverais guère plus avancé ; car , si j’ai bien compris votre doctrine , cette autorité générale n’est autre chose que le consentement commun , ou ce que vous appelez la raison humaine. C’est donc une autorité humaine et , selon moi, par conséquent une autorité faillible. Vous voulez qu’on la suppose infaillible , et vous êtes forcé d’avouer que ce n’est qu’une supposition. Cela parait fort singulier ; mais ,

456 EXAMEir d’OIT OtTVRAG* , ETC.

n’importe, supposons. Une autorité humaine, fût-elle démontrée infaillible, ne pourrait jamais donner qu’une foi humaine , une certitude humaine ; et sans doute une autorité supposée' infaillible n’est pas plus grande qu’une autorité démontrée infaillible. Or une foi humaine et une foi divine sont deux choses bien différentes ; je ne puis donc concevoir qu’une autorité humaine quelle quelle soit , ou qu’on la suppose , puisse jamais être le fondement d’une foi divine.

» Ce n’est pas tout ; l’autorité divine que liossuet attribuait à l’Eglise , ne me paraissait pas suffisante pour que le Chrétien lût dispensé' de tout examen , et vous sentez bien que je ne puis accorder à votre autorité générale plus d’efficacité qu’à une autorité divine. Je ne contesterai sans doute pas la vérité de ce qu’enseignerait une autorité divine , et je vous accorde aussi qu’il est inutile d’examiner si ce qu’enseigne une autorité supposée infaillible est vrai. Dès qu’on suppose l’autorité infaillible , on ne peut , sans contradiction , refuser d'admettre comme vrai tout ce qu’elle enseigne. Mais ne peut-il pas y avoir lieu à examiner si une autorité qui est donnée pour divine , ou supposée infaillible , est véritablement divine , ou a le droit d’étre supposée infaillible , et encore si ce qu’on donne pour l’enseignement de cette autorité est véritablement son enseignement? C’est

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