‹ Examen d'un ouvrage intituléChapitre 163 sur 180 · CHAPITRE NEUVIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE NEUVIÈME

possible , car contre qui disputerait-on ? Mais, malheureusement , il n’en est pas ainsi , il n’est que trop évident qu’il y a bien des hommes qui ne croient pas que la Religion Catholique soit la véritable Religion. Aussi l’Auteur du système lui-même a-t-il senti que l’application de son principe serait beaucoup trop limitée. Par consentement commun , ou sens commun, il veut bien qu’on entende seulement le consentement du grand nombre. Le sens commun n est que V autorité du grand nombre. ( Essai , p. 38. )

D’où suit ce second principe un peu moins restreint que le premier : Ce que le grand nombre des hommes croit être vrai , est vrai.

Mais cela ne siiflit pas encore pour notre ques- j

tion ; car enfin il est clair qu’on ne peut pas j

dire que le plus grand nombre des hommes l

croit que la Religion Catholique est la vraie Religion. Mais ne nous rebutons pas ; l’illustre Auteur nous dounera bien un troisième principe. En effet , il nous enseigne que l'homme est toujours obligé de croire à la plus grande autorité qu’il lui soit possible de connaitre.

( p. a83. ) Ce principe suppose évidemment qu’il y a plusieurs autorités et que l’homme est tenu de faire tous ses efforts pour connaître quelle est la plus grande. Mais cela peut-il se faire sans examen ? L’Auteur de \ Essai nous dit positivement que non. La diversité des cultes prouve , dit-il , la nécessité d’un examen

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sérieux, (p. 179.) Pour connaître la vraie Religion qui repose nécessairement sur la plus grande autorité (p. 275.), il faut faire usage de la critique , qui n’est que l’art de discerner la plus grande autorité, (p. 3i.) Vous le voyez; vous prétendiez qu’il n’y a qu’une autorité, qu’on n’a besoin d’aucun raisonnement pour la connaître, et vous faisiez je ne sais combien de raisonnemens pour prouver qu’il en est ainsi ; et votre maître enseigne expressément qu’il y a plusieurs autorités, que l’homme est tenu de faire son possible pour connaître quelle est la plus grande , que cela demande un examen sérieux , qu’il faut de l’art pour discerner la plus grande autorité. Il semble que l’opposition ne peut être plus manifeste ni plus complète. A qui croirons-nous, du maître ou du disciple ? La présomption est sans doute pour le maître ; et ici , il faut l’avouer , la raison parait être aussi de son coté.

» En effet , en établissant que le consentement commun est le sceau de la vérité , il faut nécessairement avouer que le nombre des vérités sur lesquelles existe réellement le consentement commun ou de tous est bien petit , et que ce premier principe, Ce que tous les hommes croient être vrai, est vrai, ne nous conduit pas loin. Il est évidemment insuffisant pour nos besoins ; car où en serions-nous, si nous n’admettions d’autres vérités que celles qui sont

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