‹ Examen d'un ouvrage intituléChapitre 166 sur 180 · CHAPITRE NECTlàME · texte numérisé non relu

CHAPITRE NECTlàME

il ne s’agit que de se bien convaincre de la solidité de vos raisonnemens , pour être dispensé de raisonner le reste de sa vie. Mais c’est là le point de la difficulté. Vos raisonnemens sontils justes , concluans ? Voilà ce qu’il s’agit de constater, car tant que nous pourrons avoir quelque doute là-dessus, nous resterons dans la même perplexité. J’en ai assez dit pour vous montrer que je ne suis pas du tout convaincu ; mais je ne me contenterai pas d’opposer mes raisonnemens aux vôtres ; nous ne terminerions rien par cette voie , et puis vous pourriez toujours répondre que je suis Cartésien. Je veux vous opposer vos propres principes. J’adopte pour un instant avec vous le consentement commun pour notre juge et pour unique principe de certitude. Je dirai donc que nous ne pouvons être assurés de la légitimité de vos raisonnemens qu’autant qu’ils seront reconnus légitimes par le consentement commun ; or est-il bien certain que vos raisonnemens sont tels , qu’ils doivent être admis par le consentement commun ? Vous direz que vous ne prenez pour base de vos raisonnemens que des principes admis par le consentement commun , je le veux croire , mais cela ne suffit pas encore. Écoutez votre maître : « Un principe supposé évidemment V certain , nous ne sommes assurés de la justesse » des conséquences que nous en déduisons , que » lorsqu’elles sont elles-mêmes admises générale-

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» ment , c’est-à-dire , lorsque le témoignage des » autres hommes nous apprend que sur ce point » leur raison s’accorde avec la nôtre ; et plus » cet accord est universel , plus la certitude est » grande. » 78. ) Admettez-vous , ou n’admet-

tez-vous pas ce principe ? Vous ne pouvez vous dispenser de l’admettre sans tomber en contradiction avec vous-méme ; car dès que l’on admet que le consentement commun est l’unique principe de certitude , il s’ensuit évidemment que , de même que nous ne pouvons être certains d’un principe quelconque , quelque évident qu’il nous paraisse , qu’autant qu’il est universellement admis , nous n’avons non plus la certitude de la conséquence que nous déduisons de ce principe , quelque évidente qu’elle puissse nous paraître , qu’autant qu’elle est généralement admise.

I) Faisons une application. Vous dites : a Jésus- » Christ a prouvé sa mission divine par des » œuvres miraculeuses dont la certitude repose » sur la base du sens commun. Attestés par la » grande société des Chrétiens , par les Juifs , par » les Païens , par les Mahométans , par l’univers » converti , ces faits sont certains par un té- » moignage tel qu’aucun témoignage ne serait » croyable si celui-là ne l’était pas. » Les faits de Jésds-Christ sont donc certains parce qu’ils sont attestés par le consentement commun. A cela je n’ai rien à dire , ce n’est que l’application de votre principe fondamental. Mais de

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