‹ Examen d'un ouvrage intituléChapitre 167 sur 180 · CHAPITRE KEQVIÈHE · texte numérisé non relu

CHAPITRE KEQVIÈHE

ces faits reconnus certains , vous tirez la conséquence que la Religion établie par Jésus-Christ est une Religion divine , et par conséquent l’unique vraie Religion. La conséquence , je l’avoue , paraît évidente ; mais il s’agit de savoir si elle est certaine , dans vos principes , c’est-à-dire , si elle repose sur la môme base que le principe , sur le consentement commun. Or il me semble qu’elle est rejetée par ceux-là même qui admettent le principe , ou du moins par le très-grand nombre. En effet , si les faits de Jésus-Christ sont attestés , non-seulement par les Chrétiens , mais encore par les Juifs , par les Païens , par les Mahométans , par l’univers converti ; c’est un fait , pour le moins aussi incontestable , que la conséquence que vous tirez de ces faits, savoir la vérité de la Religion Chrétienne , n’est point admise ou est rejetée par les Juifs , par les Païens , par les Mahométans , par les sept huitièmes de l’univers non convertis. Si vous êtes vous-méme conséquent , il faut donc passer condamnation sur votre conséquence , par la même raison qui vous fait admettre le principe ; car, quoique le consentement qui rejette la conséquence ne soit peut-être pas aussi général que celui qui admet le principe , il faudra toujours bien avouer que le consentement des sept huitièmes du genre humain doit l’emporter sur le consentement d’un huitième , ou renoncer à nous parler du consentement commun , ou du grand nombre.

470 EXAMEN d’üN ODYRAGEjETC.

Si vous avez recours à des raisonneraens pour convaincre les sept huitièmes du genre humain d’erreur ou d’inconséquence , vous abandonnez évidemment le principe du consentement commun , pour y substituer l’autorité de votre raison individuelle.

» De toutes ces considérations , et de bien d’autres que je pourrais ajouter , je conclus qu’il était plus facile à Bossuet d’établir l’autorité divine de l’Église , qu’il ne vous l’est d’établir l’autorité humaine de votre raison générale , dont les Théologiens n’avaient jamais songé à faire le principe de foi. Je vois que vous êtes obligé de raisonner pour le moins tout autant que lui , et je vous avouerai que vos raisonnemens sont loin de me paraître plus convaincans que les siens. Si je lui accordais son principe , je ne pouvais plus nier les conséquences qu’il en déduisait ; au lieu qu’en admettant une autorité humaine , dont l’infaillibilité , de votre aveu forcé , n’est qu’une supposition il me semble pouvoir contester presque toutes les conséquences que vous en tirez. Ne trouvez donc pas mauvais , si je vous déclare franchement que j’aurais beaucoup mieux aimé avoir affaire à vous qu’au Cartésien Bossuet »

Je crois inutile de rien ajouter. L’Auteur prétend que , ses principes une fois admis , il n’y a pas moyen de nier une seule des vérités du Symbole Catholique. Je le veux croire ou sup-

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