CHAPITRE PRE?IIER. 9I
conforme à la doctrine de saint Thomas :(i)« /i- » des non habet inquisitionem rationis naturalis » demonstrantis id quod creditur : habet tamen » inquisitionem quamdam eorum per quœ indu- » citur homo ad credendum ; puta quia sunt » dicta a Deo et miraculis confirmata. »(a. a. q. a. art, i. ad i. J
Ceux qui ont reçu la foi infuse dans le baptême , avant d’avoir l’usage de la raison , peuvent aussi , à mesure que leur raison se développe , examiner , non avant de croire ou pour croire , mais en croyant , et par conséquent sans tenir leur foi en suspens ; de la même manière qu’ils peuvent examiner les motifs sur lesquels est fondé l’amour et l’obéissance qu’on doit à ses parens , sans pour cela tenir en suspens leur amour et leur obéissance.
Troisième question. «La foi est-elle seulement » un acte de l’entendement , ou est-elle aussi un » acte de la volonté ? Dans le premier cas , com- » ment pourrait-elle être une vertu ? Dans le se- » cond , quel rapport peut-il y avoir entre un » acte de la volonté et une croyance infaillible?»
Réponse. L’Auteur confond les notions. Un acte n’est point une vertu. La foi , considérée comme vertu , est une qualité de notre ame , qui
(1) • La foi n'admct pas an examen par leqacl la raison na-
• turclle démontre ce qne l’on croit ; mais elle admet l'cxamcD > des motifs qui portent à croire , par exemple , la Révélation
• divine confirmée par des miracles.
9a EXAMEN d’un OUVRAGE , ETC.
est un don de Dieu. L’acte de foi est un acte de l’entendement commandé par la volonté. La certitude de cet acte , dans celui qui le fait , vient uniquement de l’illustration divine que Dieu par sa grâce communique à l’entendement.
Quatrième question. « Si la raison de chaque » homme est naturellement indépendante , com- » ment la foi peut-elle être une soumission de » l’esprit ? Si la raison de chaque homme n’est » pas naturellement indépendante , de quelle au- » tre raison dépend-elle ? De la raison divine ?
» Mais si c’est à sa raison particulière qu’il ap- » partient de décider s’il y a un Dieu , une raison » divine , ne jouit-elle pas par cela même d’une » indépendance illimitée , et en supposant cette » indépendance , conçoit-on le devoir de la foi?»
Réponse. A cette question on peut répondre oui , ou non , "selon le sens qu’on voudra attacher au mot dépendant. La raison de l’homme est naturellement dépendante , en un sens , et elle est naturellement indépendante , en un autre sens. L’homme est libre ; (i) Reliquit eum in manu consilii sui. ( Eccli. xv. i/j. ) Or la liberté est une sorte d’indépendance. L’homme est dépendant , car il doit se soumettre ; il est indépendant , car il peut manquer à son devoir et refuser de se soumettre ; il peut dire , et ne dit que trop souvent : (a) iVon sert’iam. Sa foi est donc <
(i) « Dieu l’a laissé dans la main de son conseil. •
(3) • Je n« me soamettrai pas. •
D’^iili. xi I Coogl(