CHAPITRE SECOND
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aux Théologiens Catholiques , il prend une peine bien inutile , car il ne trouvera aucun contradicteur. Qu’il accorde avec la même franchise que le principe de la science n’est pas dans l’autorité , et on s’entendra facilement. Nous nous accorderons tous à dire avec saint Augustin qu’il y a deux principes de certitude , l’un de la science , qui est la raison , l’autre de la foi , qui est l’autorité. On lui accordera même plus qu’il ne demande , car on avouera que le principe de foi , non-seulement ne réside pas dans la raison individuelle , mais pas même dans la raison universelle , laquelle , tout universelle qu’on la suppose , est. une raison créée , finie , faillible , défectible.
Mais une remarque bien importante k faire , c’est que la question qu’il s’agit de discuter est , non de savoir si le principe de foi se trouve dans la raison individuelle ; ce ne peut pas être une question , du moins entre Catholiques ; mais si la raison individuelle est dans l’impossibilité complète de parvenir jamais , sans le secours de la raison universelle , à la connaissance certaine de l’existence de la révélation en général , ou de telle vérité révélée en particulier : c’est là , disje , la question qu’il s’agirait de traiter , et que les raisonnemens de l’Auteur n’effleurent même pas. Notre raison ne peut parvenir à la connaissance des vérités qui sont , proprement , l’objet de notre foi , car ces vérités , comme l’enseigne
1 16 xxAMEir d’dh oavRAce , etc.
saint Thomas , sont au-dessus de notre raison. Par exemple , le mystère de la très-sainte Trinité est au-dessus de la raison , soit individuelle, soit universelle , et ne peut être connu que par la révélation. Mais l’existence de la révélation de ce mystère , celle de la révélation en général , et les preuves qui l’attestent , ne sont pas audessus de notre raison. Pourquoi donc ne pourrions-nous pas en avoir la certitude ? La connaissance de ces preuves appartient proprement à la science et non à la foi. Plusieurs vérités furent révélées au premier homme, il les crut, non sur le fondement de sa raison qui ne pouvait atteindre à ces vérités , mais sur la parole divine et infaillible qui les lui attestait. Mais qui le rendait certain qu’il avait entendu la parole divine , et que cette parole lui avait manifesté telle et telle vérité ? C’était sans aucun doute sa raison. Bien des siècles après,Dieuparlaà Abraham. Ce père des croyans crut à la parole divine , et sa foi le justifia. Est-ce à la raison universelle qu’Abraham fut redevable de cette foi vivifiante ? Et pour que l’esprit d’Abraham fût sujet de la foi , était-il absolument nécessaire qu’il pût se tromper en jugeant que Dieu lui avait parlé ?
Ce que je viens de dire ne contredit en rien ce que dit Bossuet cité par M. G. « Qu’il n’y eut » jamais aucun temps , où il n’y ait eu sur la 9 terre une autorité visible et parlante , à laquelle > il faille céder. » J’admets de grand cœur cette
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