‹ Examen d'un ouvrage intituléChapitre 39 sur 180 · CHAPITRE TROISIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE TROISIÈME

(le celles qui sont fondées sur sa raison , puis- que la première dépend de sa volonté , et qu’il en est d’autres qu’il ne peut perdre qu’en perdant l’usage de sa raison.

6° Il est donc faux qu’un esprit faillible de sa nature soit nécessairement un esprit qui peut se tromper en tout et toujours. Les Anges et les Saints dans le Ciel sont faillibles de leur nature , et ils ne peuvent se tromper en aucune chose. L’homme , dans l’état d’innocence , était faillible de sa nature , et cet état heureux , dont la conservation dépendait de sa volonté , lui assurait l’infaillibilité comme l’immortalité , c’està-dire , qu’il lui fallait perdre son innocence pour devenir sujet à l’erreur et à la mort. L’homme , déchu de l’état d’innocence , a perdu le privilège propre de cet état , il peut se tromper et il ne se trompe que trop souvent ; mais il peut aussi ne pas se tromper , et il n’est point du tout contraire à sa nature d’être assuré en bien des occasions qu’il ne se trompe pas. Il en est assuré , direz-vous , par la foi. Je l’accorde , mais pourquoi pas aussi par sa raison ? Démontrez donc que cela ne peut pas être.

7® La raison individuelle est une raison faillible , sans doute ; mais s’ensuit-il qu’elle soit par elle-même incapable de toute certitude ? Une raison qui n’aurait en elle - même aucun principe de certitude serait par-là même une raison incapable de foi , ou du moins d’une foi

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certaine ; car la foi certaine suppose la connaissance certaine de l’autorité inlaillible à laquelle on croit ; et si cette connaissance certaine repose sur une autre foi précédente , on tombe dans la progression infinie , ce qui est le comble de l’absurdité.

Je pense bien que l’Auteur que je réfute et les partisans du système qu’il soutient ne verront que le Cartésianisme tout pur dans ces principes , et qu’ils y opposeront leurs déclamations ordinaires et leurs tliéories obscures. Ils écriront des volumes de raisonnemens pour prouver que les raisonnemens ne prouvent rien , et pour convaincre les individus qu’ils ne peuvent être convaincus de rien , ni avoir aucune certitude. Au lieu de leur répondre , je me contenterai de faire voir que les principes que j’ai exposés s’accordent avec ceux de saint Thomas et de saint Augustin , et que , par conséquent , ils ne peuvent pas être contraires à la doctrine Catholique. Mon but est beaucoup moins de réfuter les partisans du nouveau système , que de montrer que leurs attaques , sans doute contre leur intention , se dirigent contre les Pères de l’Église et l’unanimité des Théologiens , et ne tendent qu’à établir que , jusqu’à présent , on n’a point connu les vrais principes de la Religion.

Les citations que j’ai déjà faites , soit de saint Thomas , soit de saint Augustin , me paraissent prouver que ces saints Docteurs reconnaissent

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