XXIV PRÉFACE
immédiatement, mais comment on peqj connaître qu’elles sont révélées ou quel est le principe d'acquisition delà foi, pour nous servir de scs expressions, dont nous sommes loin d’aduieltre la justesse. On lui accordera facilement qu’une vérité connue infailliblement par la raison ne peut pas être, sous ce rapport, un objet de foi ; mais on nie qu'il ait prouvé qu’il est de l’essence de la foi que l’existence de la révélation en général et de chaque vérité révélée en particulier , ne puisse pas être connue autrement que par une tradition universelle du genre humain.
3.* Sur l’acte de foi ; on répond à M. Gerbet que tout ce qu’il dit sur cet acte n’étant fondé que sur les principes qu'il a posés , ne peut avoir plus de solidité que les princip ^s mômes , lesquels n’appartiennent certainement pas à la doctrine Catholique. On lui accorde sans peine que la foi est une vertu, une soumission h une raison supérieure , mais on soutient que cette raison supérieure à laquelle on se soumet par l’acte de foi , est la raison de Dieu même , et non la raison générale du genre humain , puisque la soumission a la raison générale du genre humain , ne serait qu'une foi humaine, laquelle n’est point ime vertu.
De quelque manière qu’on soit certain que Dieu a parlé, que ce soit par la raison générale , ou par la raison individuelle , croire que ce qu’il a dit est vrai , quoiqu’on ne le comprenne pas , est toujours un acte de soumission à son autorité divine , et c’est cette soumission qui constitue l’acte de foi. L’essence de cet acte ne consiste nullement dans la manière dont on obtient la certitude que Dieu a parlé.